PREMIÈRE PARTIE

 

56 ans d’indépendance (1960-2016)

-      Poids du passé

-      Vulnérabilité de l’économie congolaise


-         

 

1-    LE POIDS DU PASSÉ

 

Selon le constat établi par le gouvernement congolais au 31 décembre 1993,  transparaissant dans le programme d’action et de relance économique et sociale (PARESO), les grandes indications socio-économiques, politiques et historiques peuvent être résumées comme suit :

-        Au lendemain de la conférence Nationale Souveraine de 1991 qui avait passé au peigne fin la gestion calamiteuse de 3 décennies de totalitarisme aventureux, le premier Gouvernement issu des élections véritablement démocratiques avait comme accablant et triste héritage en septembre 1992, une économie dévastée et essoufflée, un Etat en lambeaux. Le lourd poids du passé menaçait déjà d’impacter négativement un pays déjà en déperdition.

 

-        Le préambule de la constitution du 15 Mars 1992 avait par ailleurs consacré ce constat en mettant en évidence les profonds déséquilibres structurels de l’économie congolaise qui traduisaient son état de déliquescence généralisée tant dans ses structures qu’au plan des comportements des acteurs économiques.

 

-        En  1991 l’improductivité des entreprises publiques écrasait un secteur productif hors pétrole en recul de 6% car asphyxié par l’insolvabilité de l’Etat et de ces mêmes entreprises depuis plus de 10 ans.

 

-        La dramatique  situation financière affectait un déficit budgétaire en pourcentage de PIB de 4.7% en 1990, à 13% en 1992 en dépit d’une baisse du PIB en termes constants de 3% par an sur la même période. Hors arriérés et service de la dette, en d’autres termes, le déficit de 73% des recettes budgétaires de 1991 devait atteindre 141% en 1992. Par  conséquent le GAP, soit le besoin de financement de l’Etat majoré d’emprunts aura été de 447 milliards F.CFA soit 2.25 fois les recettes budgétaires mobilisables. Les obligations extérieures au titre de la dette, l’absence d’investissements étrangers et les sorties de capitaux alourdissaient bien évidement ce solde négatif.

 

-        L’Etat congolais était donc en cessation de paiement interne et externe depuis 1989. A cette époque les congolais doivent se souvenir que Mr  Denis SASSOU NGUESSO était au pouvoir. Paradoxalement, il a étonnement abreuvé les congolais le 12 Aout 2015 soit 26 ans après, de contre-vérités ahurissantes qui ne peuvent laisser L’UPADS insensible puisqu’il a en même temps ouvert lui-même un débat sur la gestion comparée  des cinq ans du mandant du président LISSOUBA, débat au quel notre parti ne peut se soustraire, dont il ne peut se disculper par devoir de mémoire et  de responsabilité.

 

-        Comme on peut donc le comprendre, à la situation  calamiteuse héritée par le Président LISSOUBA, se  greffaient  trois contraintes majeures à savoir l’endettement, les faiblesses en matière  de  gestion, la culture démocratique.

La prise en compte de ces contraintes devait conséquemment intégrer une politique managériale hautement responsable pour fixer  les axes d’un ajustement en profondeur qui ne pouvait donc  se limiter aux seuls  aspects  économiques. La rupture pour appeler le changement passant résolument par l’inversion de cette tendance suicidaire s’était imposée comme le déterminant défi existentiel de notre pays encore menacé par son lourd passé.

Face aux indicateurs  rappelés supra, un avenir sombre pour notre pays s’était déjà dessiné, la situation devenait chaque jour plus intenable en l’absence des mesures correctrices qui se faisaient impatiemment attendre, l’éclipse de la démocratie et le retour à  la fois à l’arbitraire et à une économie   de jungle devenaient une menace réelle. Le désespoir de notre peuple, malicieusement  entretenu par les disqualifiés de  l’élection présidentielle de 1992 la plus et seule démocratique qu’ait connu le Congo, avait ouvert la porte à une surenchère démagogique des acteurs politiques, surenchère qui favorisait un terrain propice au désordre et au chaos.

1.1-          L’ENDETTEMENT

Au 31 décembre 1993, la dette du Congo représentait 1.600 milliards de F.CFA soit 5.700 Milliards de  dollars  pour un PIB  de 2.700 milliards de dollars, soit 211% de la richesse nationale. Les engagements consolidés de l’Etat depuis 1983 (dont les arriérés de salaires qui intervenaient pour 113 milliards, soit 16.62%) s’élevaient à près de 680 milliards de F.CFA. soit 2.4 milliards de dollars. Les arriérés vis-à-vis des créanciers extérieurs dépassaient les 479 milliards de CFA en raison  d’un service de la dette de près de 100 milliards par an contre 185 milliards en 1990.Les congolais se  souviendront que la dévaluation de moitié du Franc CFA intervenue en 1994 avait multiplié par deux la dette. La dette intérieure cumulée depuis 1983 s’élevait à 550 milliards de F.CFA et représentait l’équivalent de la moitié de la dette extérieure. L’apurement de cette  dette intérieure en une seule fois uniquement avec les rentrées budgétaires, revenait à n’engager aucune autre dépense de l’Etat pendant trois ans.

 

1.2-         LES FAIBLESSES EN MATIÈRE DE GESTION

L’incapacité managériale des principaux auteurs impliqués à l’époque dans la gestion des entreprises d’Etat qui avaient été créées pour construire une économie nationale résiliente étaient en faillite quasi généralisée, malgré un investissement de plus de 350 milliards de F.FCA entre 1981 et 1985.

1.3-         LA CULTURE DÉMOCRATIQUE

Malgré l’option en 1992 d’une expression politique plurielle consacrée par l’adoption de la nouvelle constitution du 15 mars 1992, le bon fonctionnement de la démocratie était encore fortement handicapé par les pesanteurs du passé à l’instar de la faible conscience nationale, la résistance  à l’alternance, le bon respect des libertés individuelles, l’intolérance…

2- INCAPACITÉ DE DIVERSIFICATION DE L’ÉCONOMIE ET CONSEQUENCES DE  LA PERPÉTUATION DE L’ÉCONOMIE DE RENTE.

La faible diversification de l’économie congolaise explique à ce jour  l’étroitesse de la demande de travail ou le chômage massif des jeunes (30%) qui reste jusqu’à 45 ans sans emploi. La fortedépendance de l’économie congolaise au secteur pétrolier (56% du PIB, 75% des recettes de l’Etat et 80% des exportations en 2013) est un facteur de vulnérabilité pour notre pays, l’exposant au risque de dépendance et de reproduction du « syndrome hollandais » en référence à l’expression inspirée de l’expérience des pays bas qui ont vécu vers les années 1970 le déclin des secteurs agricoles et manufacturiers suite aux effets de change induits par l’exploitation des hydrocarbures. Cette expérience avait définitivement consacré l’intégration progressive de l’ensemble des impacts macroéconomiques déstructurant de l’exploitation des ressources naturelles sur le développement durable.

3- VÉRITE SUR LA STRUCTURE DU PRODUIT INTÉRIEUR  BRUT (P.I.B) ET SA CROISSANCE

L’UPADS, de tout temps n’a jamais cessé de rappeler au pouvoir  PCT, à son chef et à son gouvernement que toute sévère crise  économique et financière qui risquerait de se transformer en récession mondiale est un réel motif d’inquiétude pour un pays vulnérable comme le Congo dont l’économie reste extravertie. La réalité à ce jour ne dément pas l’analyse de l’U.PA.D.S avec l’effondrement qui était prévisible des cours du baril de pétrole.

La situation socio-économique du Congo se caractérise par un certain nombre de faits dont l’analyse amène à se poser des questions sur la capacité réelle des gouvernants à assurer le développement durable du pays.

En effet, grâce au boom pétrolier exceptionnel de ces dix dernières années, la croissance économique du Congo  a connu un rythme soutenu de 2011 à 2013, le taux de croissance annuel moyen du Congo a été de 3.5%, inférieur à la cible de 8.5% définie dans le plan National de Développement (PND) pour la période 2012-2016.

Pour notre pays le Congo, le prix de la ressource principale, le pétrole, n’a cessé de s’envoler de 16 dollars en 1998, 150 dollars en 2008, 100 dollars en 2014, tandis que la production pétrolière congolaise  n’a cessé de croître.

-        Le Congo-Brazzaville est  7ème pays producteur de pétrole en Afrique, 3ème en Afrique centrale avec 98 millions de tonnes en 2014 après l’Angola et la guinée Equatoriale.

 

-        Une importante richesse forestière place notre pays au 5ème rang africain avec plus de 22 millions d’hectares exploitables occupant 65% de la superficie du Congo.

 

-        Les perspectives affichent une remontée de la production pétrolière et le démarrage de la production de minerai de fer qui favoriserait une croissance d’environ 6% entre 2014 et 2019.

En dépit de cette croissance qui ne peut allier croissance  et  développement humain durable d’une part et des dépenses publiques élevées d’autre part, la situation sociale qui reste préoccupante, se traduit à la fois par la pauvreté (70%), un chômage élevé (30%) et un cadre de vie insalubre. Le Congo est classé au 140ème rang dans la tranche des pays à l’indicateur d’humain (IDH) moyen selon les rapports du P.N.U.D (CRDH 2011,2013 et ,2014.)

La croissance du Congo  qui ne permet pas aux citoyens de vivre longtemps et en bonne santé, acquérir un savoir et avoir accès aux ressources nécessaires pour jouir d’un niveau de vie convenable est donc une croissance non inclusive et suscite des interrogations quant à la qualité  de la gouvernance PCTISTE.

Paradoxalement,

-        La dette publique extérieure s’est considérablement accrue et a atteint 32% du PIB en 2013. Cette dette essentiellement concessionnelle et contacté auprès de la chine, pourrait

Compromettre la situation du pays surtout avec la baisse des cours du pétrole. 

-        Le Congo est classé 142ème  à l’indicateur de développement humain (IDH) sur 183 pays. 

-        La banque mondiale classe le Congo  25ème sur la liste de 39 pays dans l’évaluation des politiques et institutions des Etats africains en se référant à des comparaisons faites à partir de seize indicateurs de développement : 

-        La faible couverture du territoire national en énergie (5% en milieu rural, 45% en milieu urbain) plombe les initiatives professionnelles.

-        La part du secteur privé hors pétrole reste inférieure à 5%. 

-        La vétusté du CFCO plombant le transport massif ne permet pas l’approvisionnement régulier du pays en produits pétroliers.

Par ailleurs, le Gouvernement entretient :

-        Le dénie de l’élévation qualitative du capital humain qui passe par un système éducatif performant, en adéquation avec  les exigences de croissance soutenue, d’émergence, de compétitivité et d’intégration économique régionale et sous régionale.         

-        La gestion laxiste des finances publiques.

En conséquence :

Les goulots d’étranglement de l’économie congolaise s’appellent :

-        Corruption généralisée impunie, donc autorisée ; 

-        Evasion monétaire masquée par la rémunération des marchés publics surfacturés et onéreux quand ils ne sont pas fictifs surtout à l’instant présent d’une municipalisation dite accélérée  mise en œuvre avec des opérateurs économique du clan familial ; 

-        Financement des investissements improductifs non générateurs d’effets multiplicateurs favorables à une véritable relance de l’économie congolaise et à une diversification efficiente de sa base productive.

Rappelons par ailleurs que le développement humain est entendu comme «  un processus qui conduit à bien l’élargissement  de la gamme des choix qui s’offrent à chaque citoyen. Les plus essentiels sont : vivre longtemps et en bonne santé, acquérir un savoir et avoir  accès aux ressources nécessaires pour jouir d’un niveau de vie convenable »  classé au 142ème  rang mondial  sur 183  selon le  RDH 2014,  avec 1.779.300 congolais pauvres selon l’étude démographique et de santé de santé 2011 sur 3.551.500 habitants, une espérance de vie de 52 ans, une probabilité à la naissance 33,6% de ne pas survivre jusqu’à 40 ans, une mortalité infanto juvénile de 117 pour 1000, un taux de mortalité maternelle de 560 par jour pour 100.000, 3% du PIB seulement des dépenses publiques de santé et 25 dollars de dépenses publiques de santé par habitant couplé à un chômage endémique, peut-on parler de  solidarité et de redistribution équitable des fruits de la croissance.

4- VULNÉRABILITÉ DE L’ÉCONOMIE CONGOLAISE

Depuis 1960, année de son indépendance, à nos jours, le Congo est encore exposé aux chocs extérieurs (crise alimentaire, crise financières, etc.)

Il est encore nécessaire de rappeler que l’économie congolaise reste extravertie et fortement tributaire des exportations de deux(2) produits de rente que sont le pétrole et le bois, ces deux produits d’exportation notamment le pétrole qui représente environ 90% de la valeur des exportations et près de 67% du produit intérieur brut (PIB) subissent les vicissitudes du marché international des matières premières, tout aussi qu’ils courent le risque réel de leur épuisement  à terme.

La diversification de la base productive du Congo, tant sur le plan sectoriel que spatial se fait toujours attendre quoi qu’inondant le vocabulaire des acteurs politiques socialo-communistes de ces quatre dernières décennies.

Les statistiques officielles ont d’ailleurs, depuis 1993, effacé de leurs écritures/données les exportations de produits agricoles comme le café, le cacao, les palmistes, les fruits, etc.

Pourtant le Congo – Brazzaville, déjà doté naturellement ou mieux, miraculeusement, d’atouts et de potentialité immenses avait aussi hérité et bénéficié en 1960 de certaines infrastructures de base importantes qui auraient pu constituer un socle déterminant pour sa mutation assurée vers la modernité, l’intégration  sous -régionale  et mondiale :

-        Port maritime en eau profonde,

-        Chemin de fer,

-        Flotte fluviale et ports fluviaux,

-        Centres d’appui, de mécanisation et de vulgarisation des techniques agricoles.

Le Congo pouvait donc, grâce à ce précieux héritage, produire et écouler sa production vers des grands centres de consommation nationaux ou des pays voisins, mais aussi desservir certains pays comme la république Centrafricaine, le Tchad, le Sud-ouest du Cameroun et du Gabon.

Il convient ici de souligner que les défaillances ou les contre-performances enregistrées de 1971, année de nationalisation de la chaîne de transport (port maritime, chemin de fer, port de  transport fluviaux) ont contraint certains producteurs nationaux et sous -régionaux à préférer les ports voisins, consacrant de ce fait le détournement de trafics et vidant ainsi l’économie congolaise de sa vocation de « Pays de transit ».

5- RESPONSABILITÉ DES GOUVERNEMENTS DE LA PREMIÈRE DÉCENNIE D’INDÉPENDANCE

A 55 ans d’indépendance du Congo, plusieurs défis existentiels restent à relever. On peut donc légitimement s’interroger, voire douter de la capacité de relever les défis auxquels le pays fait face. Cette interrogation ou ce doute est particulièrement imputable à l’équipe actuellement au pouvoir dont les principaux animateurs, pour certains devenus inamovibles, affichent une impressionnante longévité aux affaires politiques avoisinant 40 ans.

L’analyse des indicateurs chiffrés ci-après illustre parfaitement le doute exprimé supra. L’année de l’élection présidentielle de 2016 et du 56ème anniversaire de notre indépendance doit nous rappeler qu’une part importante de la colossale dette contractée sous le plan quinquennal (plus de 3500 milliards de frs CFA) qui a longtemps gangrené l’économie de notre riche pays avait été remise ou annulée  depuis 2013 alors que sa population vit encore à 70% en dessous du seuil de pauvreté et que le chômage accentue les incertitudes des lendemains, surtout en milieu jeune(40%).

Notre pays, le Congo, beau pays d’Afrique centrale aux potentialités immenses, on ne le dira jamais assez, troisième producteur de pétrole dans la zone du Golfe de guinée, très riche en bois, en minerais, offre à la communauté internationale un statut économique et sociale à la fois paradoxal et superflu. Comment comprendre en effet que de pays à revenu intermédiaires, le Congo ait été déclassifié jusqu’à se complaire dans l’incompréhensif statut de pays très pauvre très endetté(PPTE) ?

Tel est le cadeau  offert aux congolais par le président du PCT pour à la fois les 56 ans d’indépendance de leur pays et la fin de son mandat présidentiel.

Il s’impose donc à tout véritable patriote congolais, des recherches et des réflexions profondes, sur les causes réelles de cette dérive suicidaire vers le chaos, entendu que les premières équipes gouvernementales post indépendance qui ne disposaient pourtant pas de la rente pétrolière avaient hérité, mais avaient aussi jeter malgré les faibles liquidités au cours de la première décennie, de solides bases nécessaires à l’industrialisation soutenue du Congo dans une perspective volontariste de diversification.

La nomenclature non limitative des réalisations ci-après citées nous donne la bonne mesure des ambitions de progrès et d’émergence affichées par les dirigeants de la première décennie de l’indépendance du Congo :

-        Le soutien  d’une offre permanente, en matière d’habitats sociaux modernes au moindre coût, de construction de grandes infrastructures publiques, hydroélectriques, routières, aéroportuaires etc. était porté par la construction de la Cimenterie Domaniale de LOUTETE (CIDOLOU).

-        L’appui à l’industrie et la couverture du pays en énergie électrique étaient perceptible avec le projet de construction du barrage de SOUNDA dans le KOUILOU.

-        La satisfaction des besoins vestimentaires des congolais transparaissait dans la construction de la Société de Textiles du Congo (SOTEXCO) à KINSOUNDI et d’impression du Congo (IMPRECO) à MANSIMOU. 

-        Les besoins nutritionnels avaient été prioritairement pris en compte avec l’émergence d’un tissu agro-pastoral significatif et dopant, pour mettre les congolais à l’abri de toute dépendance en protéine animales et en produits alimentaires de base (fermes, coopératives, maraichères, stations fruitières, piscicultures, régie de palmerais, des pépinières d’agrumes, etc.) 

-        Le rêve de grande nation sportive était porté par la construction du stade Alphonse MASSANBA DÉBAT. 

-        L’écoulement des produits agricoles et le transport massif des biens étaient appuyés par des politiques efficients d’entretien routier et ferroviaire. 

-        Les secteurs sociaux de base bénéficiaient d’affectation en moyens matériels conséquents et en personnels compétents (soins de santé primaire avec les équipes mobiles de santé, justice sociale dans le système éducatif avec l’attribution équitable des bourses scolaires, l’admission au mérite ou selon les critères sociaux non fantaisistes dans les internats et les campus universitaires, émulations scolaires systématiques, etc.) 

-        L’assainissement du cadre de vie au niveau urbain et rural était accompagné par la création des services d’Hygiène ou de voiries urbaines. Des services de temps en temps dotés en équipements techniques et professionnels appropriés. 

-        La formation de qualité des nouvelles élites était garantie par un système  éducatif débarrassé de toute antivaleur pendant que l’environnement social était orienté vers la protection civile et le respect des bonnes mœurs.

Voilà succinctement présentée la vision économie, sociale et patriotique non restrictive des premières équipes gouvernementales post indépendance à qu’il faut reconnaitre l’antériorité de la visiond’émergence du Congo. Tout en admettant que la reclassification du Congo était devenue un impératif, la faible population de notre pays, très riche en ressources naturelles avec  moins de 4 millions d’habitants pondérés par  une forte pression migratoire, la porosité de nos frontières d’une part et la qualité de ses cadres d’autre part ne peuvent en aucun cas justifier le blocage social et économique actuel de notre pays tout autant que sa décadence morale insupportable.

Au regard de l’état des lieux catastrophiques de notre pays 55 ans après (déliquescence du réseau routier national de désenclavement des grands bassins de production agricole, absence chronique d’eau et d’électricité plombant toute initiative entrepreneuriale, dégradation de la qualité de services publics gangrenés par la corruption devenue endémique, privatisation de l’Etat par un clan familial, le népotisme ambiant, l’apogée des antivaleurs etc.) on est en droit d’affirmer que  le mal du Congo puise ses causes profondes dans :

-        Le déficit de patriotisme,

-        La démission ou la poltronnerie avérée des élites intellectuelles congolaises majoritairement complices ou compromises perpétuellement face tout à la fois à des dirigeants insouciants et à une poignée de dirigeants politiques pauvres d’esprit notamment pour avoir  banalisé le droit à la vie, perdu leur honnêteté intellectuelle et sacrifié leur éthique morale. 

-        La violence, la force, et la tricherie devenues le mode d’accession au pouvoir ou de sa conservation sont affectionnées par des dirigeants politiques, dont l’ambition pour  un Congo tourné vers les libertés publiques, les droits humains, la justice sociale, la transparence financière et administrative, bref le développement économique et humain dopé par une véritable intégration sous régionale et mondiale, reste illisible et difficilement traçable.

 

6- UN TEMPS PRÉCIEUX DÉFINITIVEMENT PERDU : DES OPPORTUNITÉS MANQUÉES

Comment rattraper les opportunités de développement du Congo, perdues ou non saisies pendant 55 ans alors que les retombées financières de la ressource de base qu’est le pétrole, ont été en augmentation continue ?

L’analyse comparative des masses budgétaires gérées en 55 ans par les présidents successifs du Congo de 1960 à nos jours nous éclaire à propos :

-        Sur les 38614.14 milliards de Fr-CFA de masse budgétaire cumulée 36441.44 milliards, (94%) ont été gérés par le Président Dénis     SASSOU NGUESSO qui totalise à lui seul 32 ans de règne  présidentiel, contre  2.172,7 milliards (6.84%) inférieur au budget annuel 2013 par les 5 autres présidents (Abbé Fulbert YOULOU, Alphonse  MASSAMBA-DEBAT, Marien NGOUABI, Jacques Joachim YHOMBI OPANGAULT et Pascal LISSOUBA) qui ensemble totalisent 24 ans.

 

-        La masse financière cumulée découlant des recettes pétrolières est établie à 23699.78 milliards dont  22785.38 (96%) gérés par Denis SASSOU NGUESSO, et seulement 914.4 milliards (4,77%) par les 5 autres présidents, avec  le fait  notable que les Présidents Fulbert YOULOU et Alphonse MASSAMBA-DÉBAT n’ont géré  aucune goutte de pétrole.

 

-        Les recettes fiscales, douanières, domaniales et les services cumulés sont établis à 6.100,8 milliards dont 5.245,2 (86%) à charge du Président SASSOU et 865,6 milliards (14%) à charge des 5 autres Présidents.

Comme on peut le constater, la masse budgétaire gérée par les 5 présidents établie à 2.172,7 milliards de frs CFA, est de près la moitié du budget annuel 2013 du Congo (4.064,89 milliards de frs CFA).

Il reste aussi entendu qu’environ plus de six mille (6000) milliards d’épargne budgétaire cumulée seraient domiciliés sans preuves  à la Banque centrale par le pouvoir, pour prévenir nous dit-on, les incertitudes pesant sur les lendemains du Congo et de ses générations futures.

7- PARTENARIAT DIT STRATÉGIQUE : OPACITÉ ET RISQUES D’ENDETTEMENT SUICIDAIRE

Le poids des incantations du gouvernement à la fois sur les consciences des militants et militantes de L’U.PA.D.S mais aussi sur celles des congolais et les congolaises, justifie une incursion légitime sur un des volets à problèmes de la diplomatie congolaise : le partenariat stratégique avec la chine.

Si l’U.PA.D.S admet que le Congo est parmi les premiers pays ayant reconnu la République  Populaire de Chine, il est tout aussi vrai que le partenariat multisectoriel avec ce pays avait été scellé pendant les années 60 sous le régime du Président Alphonse MASSAMBA-DEBAT.

Cependant, avec l’exportation en 2012 vers ce pays « dit ami »de 91.978 milliers de barils représentant près de 95% d’une production pétrolière établie à 95.776 milliers de barils en 2012, L’U.PA.D.S ne peut s’empêcher, à l’occasion de l’élection majeure de mars 2016 de notre pays, de s’interroger sur les retombées, visibles, lisibles et traçables, profitant à nos compatriotes dans ce partenariat supposé gagnant-gagnant.

L’indisponibilité inexpliquée des statistiques fiables et des livres comptables certifiés, transcrivant toutes les écritures, confirme l’option d’opacité du Gouvernement. Mais à quelle fin ?

Beaucoup de congolais déjà traumatisés par les événements récents (20 octobre 2015) et passés (4 mars, violences consécutives au coup d’Etat du 15 octobre 1997 et au-delà…) pensent que ce partenariat qui serait régulé à la fois par la clause de confidentialité et le sceau du secret, est une forme de camorra, très compatible avec la culture mafieuse. Ainsi donc, le troc serait devenu la règle d’équilibre des comptes publics dans l’opacité totale.

Pour tous les contrats de marchés signés avec le Congo, la Chine s’auto rémunèrerait donc à partir des cargaisons de pétrole fournies par le Congo. Armes de guerre, équipements de défense et de sécurité, constructions de routes, de barrages hydroélectriques, de bâtiments publics, etc. sont financé par troc.

Il sera donc caché longtemps aux congolais les valeurs réelles de toutes les transactions commerciales qui se rémunèrent par troc avec  la Chine et pourquoi pas avec d’autres partenaires encore ignorés figurant  dans le registre des sociétés  « écrans ».

Les générations futures courent donc le risque de plier fatalement sous le poids d’une dette vis-à-vis de la Chine patiemment en préparation laborieuse aujourd’hui. Elles pourraient découvrir et réaliser trop tardivement l’insouciance de leurs aînés.

L’U.PA.D.S, au nom des congolais et congolaises interpelle une fois encore la cour des comptes et de discipline budgétaire qui devra éclairer sans délais les congolais et les congolaises sur les tenants et les aboutissants du partenariat stratégique avec la chine devenant chaque jour plus controversé et qui ne respecte aucune règle de gestion orthodoxe en matière de transactions commerciales et/ou financière impactant les finances publiques.

 

CONCLUSION

Au moment où les congolais s’apprêtent à aller aux urnes le 20 mars 2016 pour une élection présidentielle dite majeure mais dont la crédibilité est déjà contestée par aussi bien l’opposition que la communauté internationale, l’histoire retiendra la lourde responsabilité du régime  SASSOU finissant, sa lourde responsabilité dans la mal gouvernance et la corruption systématique érigées en mode de gouvernement et dont les conséquences sont les déficits chroniques, insupportables

-        en eau,

-        en électricité,

-        en soins de santé primaire,

-        en éducation de base,

-        en infrastructures de communication,

-        en valeurs morales

       et

-        en justice sociale

Bien entendu pour l’U.PA.D.S l’actuel chef d’Etat et son clan confortent leur déni de démocratie au regard de leurs pratiques politiques honteuses à la fois d’embastillement avéré des libertés individuelles et de désacralisation systématique de la vie.

 

Joseph YEDIKISSA-DHADIE

Secrétaire Natiional chargé des de l'économie, de la politique pétrolière et minière, de la lutte contre la pauvreté.