Il était une fois, au 19ème siècle, l’Occident européen, ou mieux certains Etats de l’Occident européen, empêtrés dans des difficultés économiques se rappelèrent que de l’autre côté de l’Atlantique et de la Méditerranée, il y avait des terres « vierges », supposées appartenir à des « non-Etats » dans le sens européen du terme, et qui regorgeaient des richesses nécessaires à la grande industrie et à l’économie capitaliste européenne née à la fin du 17ème siècle. L’histoire a d’ailleurs retenu que « la politique coloniale européenne était fille de la politique industrielle et économique de l’Europe ». L’Europe avait besoin des marchés pour se procurer les matières premières et en même temps des débouchés pour ses produits.

Le wagon de l’Afrique venait d’être accolé au train du capitalisme et des jeux des Nations. Le franc CFA est donc une conséquence de ce rattachement de l’Afrique à la marche de l’histoire universelle. Il appartient dès lors à l’Afrique de voir quelle place elle entend prendre et quel rôle elle entend jouer dans le concert des Nations. Cette place, elle ne se donne pas, elle s’arrache, chacun se fait sa place. Les plus forts écrasent les plus faibles. C’est là l’unique loi. Vaincre, gagner sa place ou disparaître, tel est le destin des civilisations depuis la préhistoire. D’ailleurs, regardez les vidéos de Pascal Lissouba lorsqu’il rentre au Congo, il met en garde les Africains et les Congolais sur le fait que si vous n’avez pas l’outil performant, vous allez être écrasés ». Lissouba est certainement le seul homme politique au Congo à insister à ce point sur la nécessité de l’Afrique d’avoir des outils de combat face à l’adversaire, c’est-à-dire le système international compétitif.

Le franc CFA entre dans cette logique de compétition. Pourquoi la France n’a-t-elle pas gardé le franc français dans les colonies et a préféré créer une autre monnaie ? Quels sont les enjeux internationaux aujourd’hui ? Chaque pays africain est-il prêt ? L’Afrique s’est-elle seulement préparée à la compétition internationale ?

 

1-      Retour vers l’histoire, la conquête coloniale

Le contexte historique est important pour comprendre tout le reste. J’ai souvent conseillé une lecture ; Catherine Coquery-Vidrovitch, « Le Congo au temps de grandes compagnies concessionnaires, 1898-1930, éditions de l’Ecole de Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS). Dans ce livre, Catherine Vidrovitch, comme nos professeurs d’histoire aimaient l’appeler pour faire court[1], décrit de façon précise la conquête coloniale et le pillage de la colonie du Congo[2] par la France qui a mis en place un système concessionnaire. La France a fait financer l’exploitation coloniale par les grandes compagnies comme Texaco, la société des Batignolles, Société Commerciale du Kwilu-Niari (SCKN)…

En moins de trente ans, imaginez que nos arrières grands-parents sont passés d’une économie de type traditionnel, dans des territoires fortement ébranlés par les conséquences de la Traite Négrière, à une économie de marché, influencée par la recherche de profit tel définie par la théorie capitaliste de l’économie et du marché. Qu’est-ce que nos grands-parents avaient compris de ces mutations brutales qu’ils n’avaient pas demandées ? Dans quel état psychologique se sont retrouvés des monarques comme Ma Loango, Makoko, ce qui restait des chefs Kongo, Punu, Kuni, Mwene, Twere, le Kani, des princes Mbembé, Dondo, Likouala… lorsqu’ils ont vu des Blancs exploités leurs terres ?  

Rappelez-vous que les départements de l’actuel Congo-Brazzaville ne faisaient pas partie du même royaume. Ces terres n’avaient pas le même chef tribal ou traditionnel. Ainsi, qui commandait les Kunis, les Punus, Les Kotas, les Mbochis, les Kouyous, les Mbembés, les Bomitabas, les Mbambas, les Vilis, les tékés, les Likoualas, les Songhos…   

Nous pouvons faire de même pour tous les pays d’Afrique. En effet, les Etats africains d’aujourd’hui ne sont pas nés du processus de construction des Etats-Nations observé et étudié en Europe surtout. Les pays africains sont le résultat des conquêtes coloniales du 19ème et 20ème siècle. Ces conquêtes n’ont pas tenu compte des aires cultures ni même des frontières des anciens royaumes et empires, ou même des chefferies dans les zones de forêt.

Une fois la conférence de Berlin (15 novembre 1884 – 26 février 1885) terminée, la France et la Grande Bretagne surtout vont se lancer dans une course effrénée, dans une compétition sans merci pour la conquête des terres africaines et asiatiques. Et la gestion coloniale ne va pas respecter les frontières culturelles ou ethniques.

Pour donner un exemple, tantôt la région de Franceville et Moanda faisait partie de la colonie du Moyen Congo, tantôt de la colonie du Gabon. Il en était de même pour le nord Congo où des territoires passaient du Congo à l’Oubangui-Chari et vice-versa, selon la volonté du ministère des colonies à Paris.

Donc, sur le plan politique, l’administration et l’Etat sont venus dans les bagages du colonisateur. Et sur le plan économique, le capitalisme et le salariat, avec tout ce qui va avec.

Qu’est-ce que nos grands-parents et nos parents comprenaient de toutes ces mutations ?

Puis va arriver l’école pour former les futurs commis de l’administration, puis les cadres. Quel était l’état d’esprit des premiers élèves, les premiers mots appris en français ? Comment les parents ont fait pour accepter d’envoyer leurs enfants à l’école car ceci devait tuer une partie des traditions[3].

Et pour les adultes, les parents de l’époque. Ils partaient au champ ? De quoi vivaient les populations avant la colonisation et comment le virage a été négocié ? Ces genres de virages ont des répercussions dans la structure familiale et dans la structure psychologique des gens.

Surtout, lors de la gestion de la colonie, le colonisateur déplaçait sans cesse les populations, notamment pour le portage. Ainsi, beaucoup de gens du Niari, de la Bouenza et de la Lékoumou se sont retrouvés à Brazzaville, Pointe Noire et Dolisie contre leur volonté, dans des terres qui peut-être leur étaient hostiles. Ainsi de suite, des gens ont bougé à l’intérieur de la colonie, jusqu’au-delà, en Afrique de l’ouest, dans l’espace colonial français.

Au regard de ce que je viens d’écrire, on constate que nous ignorons 90% de ce qui s’est passé depuis les conquêtes coloniales. Les responsables politiques ont fait exprès de ne pas collecter des données de cette époque, dans tous les domaines, pour que cela serve de matériaux dans la construction nationale et de l’Etat. Comment sommes-nous passés de la tradition au modernisme ? Comment est né l’Etat au Congo… ?

 

2-      Et le franc CFA dans tout ça ?

C’est vers 1910 que la France et la Grande Bretagne terminent les conquêtes coloniales et commence à organiser les territoires conquis. Pour cela, la France va mettre en place une équipe d’administrateurs coloniaux et voir quelle politique économique pour les nouvelles terres, même si celles-ci sont le prolongement de la France.

Pour que la colonie ne coûte aucun sous à la métropole, la France va céder des terres sous forme de concessions à des compagnies qui vont donc utiliser une main d’œuvre à bon marché ou gratuite. La France touchera des taxes en retour. 

Ne maîtrisant pas bien les colonies, la France ne souhaite pas que sa monnaie, le franc français soit utilisée dans les colonies. Ainsi, en 1939, peu avant la seconde guerre mondiale, la France crée le franc CFA (le franc des colonies françaises d’Afrique). Aujourd’hui le franc CFA signifie le franc de la communauté financière africaine. Si le nom change, sa réalité est restée la même. C’est toujours Paris qui contrôle cette monnaie, dans son intérêt car il s’agit de son pré-carré, mais aussi et surtout dans l’intérêt des pays africains car ils bénéficient de la parité fixe et de la stabilité apportée par Paris.  

Tout n’est pas mauvais dans l’utilisation du franc CFA. Les choses sont plus complexes. D’ailleurs, il y a quelques années, les ministres des finances de la zone CFA, réuni en réunion avec Christine Lagarde, faisaient pression pour créer leur propre monnaie. Excédée, Mme Lagarde leur a dit « si c’est ça que vous voulez, allez-y, faites-le ». Là, tout le monde s’est tu.

La question de créer une monnaie me fait penser à la question d’avoir des programmes scolaires en lien avec les réalités africaines. Le plus ridicule, c’est que ce sont les ministres de l’éducation nationale et des finances qui en parlent. Mais qui empêche les africains d’avoir leurs propres programmes scolaires et universitaires et leurs propres monnaies ? Personne. Si les Africains veulent changer de monnaie, qu’ils le fassent. Le Zaïre de Mobutu et la Guinée Conakry ont eu leurs monnaies. On a vu les conséquences en terme d’inflation.

 

Sans entrer dans un débat technique, nous pouvons être d’accord sur le fait que le franc CFA n’est pas responsable de la misère des Africains. Dans aucun cours de science économique et politique on pourra faire cette démonstration. La situation économique de l’Afrique est liée au comportement des hommes politiques africains : mauvaise gouvernance, détournements des fonds publiques, clientélismes…

Il faut donc d’abord former des hommes et femmes politiques dignes de ce nom avant de changer de monnaie. Il faut de l’éthique politique et de la conscience nationale. Il faut d’abord construire la Nation et l’Etat dans le sens politique et juridique du terme avant de créer une monnaie. Des pays dans lesquels la politique est tribale et clanique, comment croire que changer de monnaie suffirait à régler les problèmes économiques. Nos hommes politiques ne maîtrisent pas l’économie politique, la science politique (ce que les anglophones appellent science of government), ne connaissent pas l’Etat, ni le système international. La question de la monnaie est secondaire.  

Pour les économistes, un Etat a deux problèmes à régler : l’inflation et le chômage. Pour résoudre ces deux problèmes, l’Etat s’appuie sur deux leviers ou deux outils : la politique budgétaire et la politique monétaire[4]. Or, dans nos pays, les débats autour de ces questions ne réunissent pas grand monde. Lors de la conférence nationale souveraine de 1991 et pendant la transition, très peu étaient des conférenciers et des parlementaires qui participaient aux débats portant sur la situation économique et budgétaire du pays. Tous privilégiaient les débats politiques de bas niveau et les débats sur les assassinats politiques.

Ajouter à tout ceci le fait que dans tous les pays, en Europe comme en Afrique, en Asie comme en Amérique, le cadre économique d’ensemble est constitué de cinq acteurs : Les producteurs, les consommateurs, l’Etat, la Banque Centrale et le monde extérieur[5].

Qui au Congo est capable de tenir tête aux Occidentaux ou aux Asiatiques sur ces sujets et sauvegarder les intérêts du pays ? Cela nécessite de faire un état de lieu de nos cadres dans tous les domaines. A quoi sert notre banque centrale ? Personne ne sait.  

Qui sont les producteurs au Congo ? Ils produisent quoi ? Le Congo n’a pas de capital national, il n’y a pas d’hommes d’affaires, d’investisseurs nationaux pour soutenir l’économie.

Le Congo ne produit rien, même pas les produits de pêche alors que le réseau hydrographique est dense. Le poisson du fleuve Congo meurt de sa vieillesse. Ce poisson naît, grandi, vieilli et meurt sans craindre les filets de pêche des Congolais. Dans le même temps, le poisson coûte cher à Brazzaville. Cet exemple s’impose pour l’ensemble des secteurs de l’économie congolaise. Nous produisons du bois mais les écoles manquent de tables band. Nous produisons du pétrole mais nos stations-services manquent de carburant…     

Pour développer un pays, il faut des institutions : l’Etat, le gouvernement, le parlement, le trésor, l’armée, la cour des comptes, la justice… Obama parle des institutions fortes et non des hommes forts et brutaux, ce que soutient d’ailleurs Magloire Ndoba, économiste congolais et ancien doyen de la fac d’économie. Sans institution crédible, sans compétences, impossible d’avoir sa propre monnaie sauf à courir à l’aventure.  

D’autre part, depuis les indépendances, les Etats africains ont très peu formé de spécialistes en monnaie, budget, droit fiscal… Ces domaines qui relèvent du pouvoir régalien de l’Etat. Sans spécialistes en monnaie, sans former des Congolais en monnaie, avec des thèses ou des PhD et non seulement des mastères, il n’est pas possible d’avoir sa propre monnaie. Cela vaut pour tous les domaines. En plus d’avoir des spécialistes, il faut que ceux-ci publient des ouvrages, soient membres des centres de recherches, des institutions de recherche.

Il n’y a aucune réflexion, aucune pensée sur l’école, l’armée, la police, la gendarmerie, l’Etat, la monnaie, l’économie, la justice, la famille, la société, le sentiment national, l’intérêt national, la souveraineté nationale, la république, le bonheur, l’amour, la paix… Et pourtant, en cherchant sur internet, on trouve des ouvrages et des articles écrits par des Africains sur ces questions. Mais aucun pays africain ne fait de ces publications une base de travail pour ses élèves et ses étudiants.   

Pour exemple, nous ne savons pas la relation qu’entretiennent le pouvoir et la société, le citoyen et l’Etat, l’Etat et le marché. Qu’est-ce que la propriété privée au Congo… ? Nous n’arrivons pas à constituer un capital national sans lequel, l’économie n’est pas forte.

Toute cette analyse qui peut être enrichie par d’autres apports montre que le franc CFA est le bouc émissaire d’une incompétence que les leaders congolais et africains de tout bord traînent depuis 55 ans. En tout cas, pour détourner l’argent publique[6], le franc CFA n’est pas un frein. Pour s’enrichir frauduleusement, le franc CFA n’est pas un frein… Le franc CFA devient un frein dès qu’il s’agit de la bonne gouvernance et surtout lorsque la France indexe le comportement de nos présidents et de nos gouvernements.

Et le plus triste dans tout ça, c’est que même les économistes et autres intellectuels africains et congolais oublient le rôle joué par les politiques, leurs familles et leurs amis dans la destruction de l’économie. Jean Copans[7] critique à juste titre le comportement des intellectuels africains qui ne sont pas au rendez-vous du savoir pour permettre la modernisation de l’Afrique. Tout le monde pratique la politique du ventre, y compris les intellectuels avec en tête, les professeurs d’université. Pour exemple, regardez comment Théophile Obenga regarde Sassou Nguesso avec admiration en affirmant même que « Sassou Nguesso est le seul Congolais capable de gouverner le Congo ». Obenga professeur ne se sent pas capable de gouverner le Congo. Ses confrères professeurs et intellectuels non plus, les étudiants qu’ils ont formés, que nous sommes non plus. Et un homme aussi suffisant intellectuellement comme Sassou Nguesso serait capable. Voilà la triste situation du Congo pour laquelle, le franc CFA n’y est pour rien. En 32 ans de pouvoir de Sassou Nguesso, quel bilan.     

 

3-      L’Afrique Centrale est très en retard

-          Sur le plan politique

Le gros problème de l’Afrique, c’est cette génération qui a pris le pouvoir entre 1960 et les années 1970. Il s’agit d’une génération qui a failli. Une génération qui en 55 ans a passé son temps à se battre, à s’assassiner, à se détester, au lieu de se concentrer au progrès économique et au développement humain.

La génération de nos grands-parents et celle de nos parents ont été incapables de développer une pensée politique pour l’Afrique, quelle économie, quelle société, comment construire la Nation et l’Etat. Ces deux générations ont passé le temps dans des discours stériles et sans fondements. Ils ont bâti sur du sable et non sur la pierre. Au premier coup de vent ou de vague, tout s’est écroulé.

Ils se disent franc-maçon mais ils ne savent pas bâtir les fondements d’un Etat, d’une Nation. Le Maçon sait construire son temple intérieur et aider les autres à construire le leur. Un véritable Maçon et politique ne peut avoir le comportement de nos chefs d’Etat et de nos gouvernements.

Sur le plan politique, il est indéniable que l’Afrique Centrale est en retard par rapport à l’Afrique de l’Ouest. En effet, l’Afrique de l’Ouest sort progressivement des dictatures. Les pays de cette partie de l’Afrique se démocratisent et acceptent l’alternance au pouvoir. Nous avons vu comment Maki Sall et Boni Yayi et toute la CEDEAO ont volé au secours des démocrates burkinabés.

Or, sur les onze pays que compte l’Afrique Centrale, aucun ne montre l’exemple, tous restent des dictatures qui violent les constitutions, refusent l’alternance politique et brutalisent les populations et l’opposition pour se maintenir au pouvoir.  

        

-          Sur le plan économique

Un exemple, un seul : Sassou prête de l’argent à Ouattara qui construit son pays alors que les Congolais croulent sous la pauvreté. De même, au Congo les hôpitaux n’ont pas de médicaments et pendant ce temps, Sassou Nguesso paye les salaires des fonctionnaires centrafricains.  

Ceci montre l’amateurisme de nos leaders et justifie le fait que notre pays est en retard. Cela n’a rien à avoir avec le franc CFA.

La gestion économique du Congo et de l’Afrique Centrale est désastreuse et calamiteuse. Et il n’y a qu’un responsable et un coupable : les présidents et les gouvernements.

En parlant de la gestion économique, voyez la différence dans l’éthique professionnelle entre la Banque des Etats de l’Afrique Centrale et la Banque des Etats de l’Afrique de l’Ouest. L’Afrique Centrale a plus d’argent est plus corrompue et plus désordonnée. D’ailleurs, cette banque ne vaut plus grand-chose depuis la mort d’Omar Bongo Ondimba et les affaires détournement des fonds par la filiale de Paris, concernant notamment Mamalepot Jean-Félix. Où est le problème du franc CFA dans cette gabegie ?     

 

-          Sur le plan social et sanitaire 

Sur le plan social, nous sommes des sociétés non intégrées. En effet, personne ne sait au Congo quel est le parcours de la naissance à la mort et quelles sont les étapes. Plus de 70% des Congolais ne bénéficient pas de la richesse du pays. Il n’y a pas de politique sociale et familiale.

Les structures de santé sont désastreuses. En 1960, l’espérance de vie était de 50 à 52 ans. En 2015 elle est de 57 ans. En 55 ans, nous avons gagné 5 ans de vie. Comparer avec l’Afrique de l’Ouest et vous verrez.   

 

Pour conclure sans épuiser le débat

Dans cet article, j’ai donné suffisamment d’éléments qui montrent quelle a été la marche du Congo depuis la colonisation jusqu’à aujourd’hui. La question de la monnaie est une question essentielle car il s’agit de l’indépendance et de la souveraineté nationale. Mais la souveraineté nationale n’est pas un vain mot, c’est une réalité qu’il faut savoir faire vivre. La souveraineté nationale est une conquête et une construction.

Si la monnaie symbolise cette conquête, il va sans dire que cela passe par la formation des cadres capables de gérer, manipuler et maîtriser cette monnaie. L’Afrique y parviendra certainement, mais ne sautons pas les étapes. « Qui va lentement va surement ».

D’autre part, sans démocratie, sans éthique politique, sans bonne gouvernance, sans alternance au pouvoir, sans institutions crédibles… ne changez pas de monnaie, ne faites pas de monnaie nationale qui seront frappées dans les villages des présidents dictateurs comme au Zaïre de feu Mobutu Sese Seko. Imaginez un seul instant la monnaie congolaise imprimée à Oyo.

 

Didier MOUEGNI IVOLO

Master’s degree en Politique Internationale

Université Fudan, Shanghai – Chine

Master2 professionnel Sciences Humaines et Sociales

Université Paris Descartes

Faculté des Sciences Humaines et Sociales - Sorbonne

France


[1] Catherine Coquery-Vidrovitch a dirigé la plupart des thèses d’histoire coloniale des Africains. Tous les professeurs d’Histoire à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines (FLSH) de Brazzaville recommandaient la lecture de ses livres. 

[2] Au début de la colonisation, la colonie du Congo englobait le Congo-Brazzaville actuel, le Gabon et la Centrafrique.

[3] Pour comprendre la problématique de l’introduction de l’école en Afrique, lire Cheikh Hamidou Kane, l’Aventure ambiguë, Paris, 1018, 1979, pp 5-10

[4] Jean-Marc DANIEL, la politique économique, Que-sais-je, Paris, PUF, 2008, p 26

[5] Jean-Marc DANIEL, op cit. p 7

[6] Le journal Libération du 16 décembre 2013 donne des précisions sur l’ampleur des détournements des fonds publics par les Sassou Nguesso et les Obiang.

[7] Jean Copans, La longue marche de la modernité africaine, savoirs, intellectuels, démocratie. Editions Karthala, Paris, 1990