Dans l’exercice sans partage du pouvoir et au mépris total  des règles minimales de gouvernance politique, le Président SASSOU n’a eu de cesse de porter atteinte à l’unité nationale, à la paix et à la cohésion sociale, avec le soutien indéfectible de l’appareil répressif du PCT.

 Depuis le 17 octobre 2015 le peuple congolais, les mains nues, a pris la résolution d’affronter la dictature qui l’empêchait d’organiser les manifestations pacifiques et légales prévues dans le cadre de la campagne référendaire.

 Monsieur SASSOU, obnubilé par l’ivresse du pouvoir a imposé aux congolais à travers une consultation référendaire illégale, une constitution inique qui instaure la monarchisation du Congo, en s’octroyant le droit de vie et de mort sur le peuple congolais, qu’il croit transformer en ses sujets. C’est pourquoi, le dimanche 25 octobre 2015 doit désormais être inscrit au registre des jours sombres de l’histoire de notre pays, le Congo.

 Le peuple congolais doit savoir que cette constitution portée à tour de bras par le PCT et ses alliés consacre l’impunité, le déni de justice et la désacralisation de la vie humaine (articles 10 et 96). En d’autres termes, il est désormais institutionnalisé au Congo, l’asservissement de notre peuple à Monsieur SASSOU qui croit disposer à sa guise du destin de tout un peuple.

 Par leur refus massif d’aller aux urnes pour ne pas cautionner une mascarade électorale dont les résultatsétaient connus d’avance, les congolais ont affirmé leur ferme opposition au changement de la constitution du 20 janvier 2002. Aussi, sont-ils restés chez eux ce dimanche 25 octobre 2015.

 De même, par cette attitude héroïque et hautement républicaine de désobéissance civile pacifique, les congolais ont exprimé leur conviction et apprécié la volonté de Monsieur SASSOU NGUESSO d’instituer un régime monarchique au Congo.

 Le clientélisme, le népotisme, l’intimidation, l’achat de consciences, la tentative de manipulation ethno-tribale, la corruption, ont accompagné la mascarade électorale de cette triste journée du dimanche 25 octobre 2015.

 Au reste, Monsieur Denis SASSOU NGUESSO a volontairement abandonné la fonction de Président de la République en faisant le choix de s’ériger en chef de clan ethno-tribal.

 De sources concordantes, il a été noté que les délégués de la très partiale et sulfureuse CONEL, ainsi que les membres des bureaux de vote, lassés  d’attendre les électeurs, ont résolu de bourrer les urnes et de communiquer les résultats totalement fantaisistes.

 En réalité, le taux de participation  n’a pas excédé les 3%.  En témoignent les complaintes de Monsieur SASSOU NGUESSO lui-même le jour du vote, au micro de RFI, au sujet de la trop forte abstention des électeurs.

 Avant de publier ces résultats, le Gouvernement s’est vu obligé de prendre des dispositions particulières d’intimidation et d’exhibition de la force à travers le déploiement de la force publique sur l’ensemble du territoire national. Le Congo se trouve quasiment en état de siège. C’est la preuve que les résultats publiés ne reflètent nullement la volonté du peuple congolais.

 Mais, qu’est-ce qui pouvait nous étonner ? Le passage en force, la tricherie et la manipulation sont les moyens habituels dont use régulièrement le régime PCT pour se maintenir coûte que coûte au pouvoir.

 Les vaillants compatriotes ont aussi démontré que l’alternance démocratique est possible au Congo sans affrontement armé, puisqu’ils n’ont pas cédé à labrutalité des milices fanatiques déguisées en policiers, et à la violence des supplétifs de la Garde Présidentielle composée de mercenaires Rwandais, Tchadiens, Burundais, Centrafricains, Ex FAZ, etc.

 Au regard de cette imposture, l’U.PA.D.S :

 

  1. S’incline avec respect et profonde émotion devant la mémoire des martyrs  de la lutte pour le respect de l’ordre constitutionnel ;

  2. Exige la restitution des corps aux familles éplorées pour leur digne mise en terre ;

  3. Condamne les cas d’assassinat, d’arrestation et de séquestration, de censure, de suppression de libertés et de circulation ;

  4. Interpelle la Force publique qui a l’obligation de demeurer républicaine et de s’abstenir de tirer sur la population ;

  5. Félicite ses militants et sympathisants ainsi que toutes les forces politiques et sociales opposées au changement de la  Constitution du 20 janvier 2002, pour le courage dont ils ont fait preuve face à un pouvoir policier et barbare ;

  6. Réaffirme son opposition à  l’ensemble du processus ayant abouti à ce coup d’Etat constitutionnel qui octroie à Monsieur SASSOU une présidence à vie sans respect des principes démocratiques ;

  7. Demande au Peuple congolais de poursuivre la désobéissance civile et de continuer la lutte pour la liberté, la dignité et la démocratie ;

  8. Prend à témoin la communauté nationale et internationale  sur le comportement arrogant et antipatriotique de Monsieur SASSOU et des conséquences qui en résulteraient.

  9. Interpelle la France et rappelle qu’elle ne peut sacrifier sur l’autel des intérêts pétroliers, au nom d’une soi-disant realpolitik, les valeurs de justice, de liberté, de démocratie et des droits de l’homme qui font la grandeur de ce pays.

     

                                                Fait à Brazzaville, le 31 octobre 2015

                  

                                                                                                               Le Secrétariat National de l’UPADS