En annonçant au Peuple Congolais, le 22 septembre 2015, qu'il avait décidé d'organiser un référendum sur l'évolution des institutions du pays, le Général-Président Denis SASSOU NGUESSO vient de franchir allègrement la ligne rouge au-delà de laquelle nous sommes en présence d’un coup d'Etat attenté contre la Constitution et donc la République. Cet ignoble subterfuge qui vient en effet de confirmer au peuple congolais que le coup d’état contre la Constitution et la République malicieusement planifié est en marche et son sinistre auteur pense que nul ne peut s’y opposer. Le bras de fer est lancé entre la voix du peuple contre celle d’une dictature sanglante du système SASSOU.

A l’ère où les mouvements de démocratie embrassent le berceau de l’humanité, où les dictatures d’Afrique tombent les unes après les autres, aveuglé par l’ivresse du pouvoir, sourd aux cris du peuple congolais, sourd aux avis sensés venus de divers horizons et des dirigeants des grandes démocraties,
 de l’Union Africaine, des Nations Unies, et de l’Union Européenne, obnubilé par sa soif d'un troisième mandat illégitime après plus de trente ans au pouvoir, c'est sans aucun égard pour ce peuple qu'il maintient cyniquement dans des souffrances atroces qu'il a égrené ce discours a jeté l'effroi dans tous les foyers congolais et provoqué la terreur chez des paisibles citoyens congolais.

Si la perspective d'un troisième mandat pour Denis SASSOU NGUESSO n'a été une surprise pour personne, les conditions d'une gouvernance électorale ont été dévoyées par le RSA de 2013 et par le maintien d'une commission électorale aux ordres.

Alors que le discours du Président américain Barak Ussein OBAMA à la tribune de l'Union Africaine résonne toujours dans les oreilles de tous les fils de l'Afrique, alors que les appels appuyés du Président Français François HOLLANDE et de la Secrétaire Générale de la Francophonie Michaëlle JEAN à Dakar pour le respect de l'ordre constitutionnel sont toujours dans les mémoires, le message à la nation de monsieur Denis SASSOU NGUESSO sonne faux et se trouve bien évidemment déplacé en ce moment où le Peuple Congolais voyait venir l'espoir de l'alternance.

La Cour Suprême du Congo venait de rendre un avis technique sur cette question de référendum que Monsieur SASSOU a préféré écarter pour s'adresser à un Conseil Constitutionnel qui lui est acquis, et qui n'a pas hésité à trancher sur un domaine dont il n'est pas compétent, la question référendaire n'étant même pas officiellement annoncée.

Comme à son habitude, le Président de la République, pour mieux baliser son coup d'Etat contre la Constitution et la République, y est allé de ses menaces, mettant en garde contre un bain de sang, rengaine devenue quotidienne de toutes ses adresses aux populations congolaises. Pendant que le Peuple avec beaucoup de patience exige que le passage du flambeau se fasse dans la paix et la sécurité, le Général-Président vient de souffler sur les braises et s’apprête à y verser de l’huile.

Armé plus qu'il ne faut, entouré de milices privées (celle de Tchambitcho et celle du général Jean-François NDENGUET), Denis SASSOU NGUESSO est le seul à pouvoir mener une action répressive ou militaire contre les paisibles populations congolaises. Qui dans ces conditions versera le sang des congolais ?

Mais tel est pris qui croyait prendre. Les armes juridiques qu’il a utilisées pour écarter ses challengers d’hier, se retrouvent pointées contre lui-même aujourd’hui. Un référendum à moins de dix mois de la fin de son dernier et ultime mandat, c'est clairement un coup d'Etat, et le Peuple Congolais ne saurait laisser faire.

Se saisissant de cette situation créée par Monsieur Denis SASSOU NGUESSO, la Coordination Europe-Amériques de l'Union Panafricaine pour la Démocratie Sociale, rappelant comme l'avait déjà fait le Premier Secrétaire de L'U.PA.D.S Pascal TSATY MABIALA lors du meeting du 4 août 2013 à Dolisie que nous n'avons « que le sang et les larmes à offrir »,  demande au Vaillant Peuple Congolais de se lever comme un seul homme et de barrer la route à cette aventure insupportable dont le but visé et la mise à genoux des enfants du Congo devant un homme qui n'a pas trouvé mieux que la suprématie de son clan à offrir au Congo. La déclaration de la tenue de ce référendum à moins de dix mois de la fin de son dernier et ultime mandat est l’une des plus belles opportunités qui soient pour que les citoyens congolais prennent exemple sur la ferveur du peuple burkinabé qui a défié la dictature de Blaise Compaoré et qui a arraché sa liberté pour se diriger vers le chemin de l’alternance politique. Comme un volcan, le sang de la révolution bout dans les veines de la jeunesse congolaise.

La Coordination Europe-Amériques de l'Union Panafricaine pour la Démocratie Sociale  encourage et soutient indéfectiblement les plateformes et partis politiques, les associations et les personnes individuelles à dire NON.

Pour stopper le Général-Président dans le passage en force dont il est coutumier, l’U.PA.D.S plus que jamais déterminée, invite toutes les forces vives de la Nation, politiques et sociales, à être unies comme les doigts de la main afin de serrer le point de la résistance.

Peuple congolais, hommes, femmes et enfants de la mère patrie, embrassons la révolution, occupons les boulevards, les avenues, les places et les rues. Ensemble disons:

NON au référendum!
NON au coup d’Etat contre la Constitution et la République !
NON à un troisième mandat pour Monsieur Denis SASSOU NGUESSO !
NON au changement de Constitution du 20 janvier 2002 !
 NON, NON et NON, SASSOU NGUESSO doit partir au terme de son dernier et ultime mandat, lui et son gouvernement.
Vive la démocratie ! Vive la République ! Vive le Congo !

A Paris, le 25 septembre 2015.

Pour les militants et la Coordination Europe-Amériques de
l'Union Panafricaine pour la Démocratie Sociale (U.PA.D.S),

Le Président de la Coordination,


Didier MAHOUÈLE ma MAKITA.