Je me suis fait violence en lisant les 23 pages du long discours du Camarade Président du Comité Central devant ce qu'il nomme avec mépris le Parlement. Le camarade Président a toujours la mémoire sélective. Son fameux discours sur l'Etat de la Nation est une charge contre les années de la mandature de Pascal Lissouba. C'est à peine croyable qu'en plus de trente six ans de pouvoir, le Camarade Président du Comté central parle encore de la mise en place des infrastructures de base, là où il aurait dû dire que ses gouvernements ont modernisé celles qu'ils ont implantées un peu partout dans le pays! Autre point qui m'a fait sursauter pendant mon supplice est la satisfaction qu'il a d'avoir, par sa pratique de tous les jours, par ses nominations,  réussi l'unité nationale mise à mal par le professeur Pascal Lissouba. Quel cynisme! Jamais président n'a été aussi tribaliste que ne l'est le camarade Denis Sassou Nguesso. Les forces armées, la police, la gendarmerie, la magistrature, l'université, les représetations diplomatiques, les douanes, les impôts, le port autonome de Pointe Noire, les hydrocarbures sont contrôles par une même ethnie, les Mbochis, à laquelle il appartient, la même famille biologique -la sienne- voire un même parti le sien (le PCT). Certains médias internationaux crédibles qui commentent la composition de votre conseil national de sécurité on dit que les réunions se tiendraient en Mbochi. Certains observateurs dans le pays disent qu'au ministère des finances la langue de travail serait le Mbochi tant tous les cadres sortent d'un même axe, à votre image puis que, vous même, Camarade Président parliez du pouvoir aux vôtres en Mbochi. Pour être crédible, il vous fallait citer des cadres nzebi nommés par Pascal Lissouba dans la haute administration, à l'armée ... Vous auriez gagné en dénonçant avec force arguments les enfants de Lissouba qui avaient fait du Trésor public leur joujou. Vous auriez montré aux yeux du monde leur affairisme. Les vôtres! Ah, les vôtres Camarade Président! Ils sont votre boulet. Ils distribuent les ordinateurs à l'université, donnent des bourses, achètent des véhicules médicalisés, louent des chapiteaux à l'Etat. Vous n'êtes pas en reste. Vous et le vôtres êtes des vandales.
Vous avez galvaudé le noble mot de "paix". Au Congo, vous êtes celui qui trouble l'ordre par votre brigandage. Vous n'évoquez pas les droits de l'homme sans cesse mis à mal au Congo depuis que vous êtes revenu par effraction aux affaires. En privatisant l'armée et la force publique, vous n'avez cessé de terroriser votre peuple. Le savez-vous Camarade Président que pour le Congo vous êtes un problème et non une solution? Votre paix est une paix armée. Le peuple vit dans la terreur. On ne peut pas diriger un pays en le traumatisant. Quelques exemples: la guerre du 5 juin 1997, les massacres d'Owando, dans les pays du Niari et dans le Pool, les "Disparus du Beach" qui troublent vos nuits...
 
J'ai longtemps ri Camarade Président lorsque vous parlez sans rire de l'eau qui coulerait dans les robinets des usagers de la SNDE dans les deux principales villes du pays. Vous êtes un homme cynique, Camarade Président. A un moment j'ai cru que c'était de l'ironie mais vous n'êtes pas celui qui manie ces figures de rhétorique. C'est indigne d'un chef d'Etat de se moquer royalement de son peuple. Vous habitez un Congo irréel. Pour le congolais les mots "eau", "électricité" sont devenus sous votre longue et éprouvante présidence des gros mots. Camarade Président, dans votre fuite en avant, vous avez  évoqué une fois de plus les réalisations dans le domaine de la santé. Pourquoi, vos dignitaires et vous mêmes vous faites vous soigner au Maroc, en Espagne,  en France, en Chine et à Cuba aux frais du Trésor public? Où est votre patriotisme?
 
Vous dites avoir fait reculer le chômage. Je suis sûr que si vous aviez daigné lever vos yeux sur votre auditoire, vous auriez vu leur mine. Quelle hérésie! Tous les jeunes et les moins jeunes qui sont dans l'informel sont des diplômés sans emploi qui trompent l'existence en étant chauffeurs de taxi, vendeurs d'eau, tenanciers de cabines téléphoniques... Le pire mensonge c'est le nombre des emplois crées. Où sont implantées ces usines? Revenez sur terre, Camarade Président du Comité Central. Pas un mot sur des détournements scandaleux des richesses nationales? Que vaut l'école congolaise aujourd'hui ? Rien. Pas de tables bancs, effectifs pléthoriques, enseignants peu ou mal formés, clientélisme , diplômes bradés, favoritisme... Vous avez oublié les fuites des épreuves de baccalauréat !
 
Vous parlez sans rire de la démocratie, des élections. La plupart  des parlementaires de votre parti ont été nommés  car ils n'ont fait que corrompre les électeurs avec l'argent frauduleusement soutiré  au Trésor public. Camarade Président du comité Central, vous n'avez gagné aucune consultation sans la fraude à grande échelle.Vous avez organisé une corruption à grande échelle. Sous vous, il n'y a plus d'Etat au Congo à l'image de l'Irak de Saddam Hussein et de la Libye de Khaddafi, votre ami. Ces deux exemples vous servent de modèle car vous faites tout pour que le Congo n'ayant plus d'Etat, dans l'après-vous le Congo soit comme l'Irak post Saddam ou la Libye post Khaddafi.
 

Le Congo ne veut plus de vous comme président l'année prochaine. Votre discours devant vos parlementaires a sonné comme un laïus cinéraire.

 


Yves MBAMA NGAKOUA