Les forces Vives Politiques et Sociales des congolais de l’extérieur se sont réunies ce 25 juillet 2015 à Paris, à l’initiative des différentes associations, organisations politiques et individualités évoluant hors du territoire national. Elles ont examiné la situation politique et sociale actuelle du Congo, caractérisée par la mise en œuvre de la première étape d’un coup d’État constitutionnel éhonté.
Depuis quelques mois, le pouvoir de Brazzaville s’est lancé dans une course ouverte et effrénée vers le changement de la constitution du 20 janvier 2002. L’un des actes majeurs posé dans le cadre de ce projet sinistre est, en sus du dispositif électoral nébuleux et véreux, la tenue à Sibiti d’un pseudo dialogue national, le soliloque d’une caste de prévaricateurs acquise à la doxa anticonstitutionnelle du président congolais.
Les Forces Vives Politiques et Sociales des congolais de l’extérieur dénoncent vigoureusement et rejettent en bloc les conclusions du monologue de Sibiti orchestré par le pouvoir de Brazzaville du 13 au 17 juillet 2015.
Sibiti n’a été qu’une parodie, un subterfuge qui a mis en évidence les velléités d’un coup d’état constitutionnel, une trahison irrémissible de la confiance du peuple.
Sibiti a été l’illustration de la confiscation du pouvoir par un homme, un clan, un parti et une constellation de « kleptocrates ». Il s’agit là d’une énième supercherie du pouvoir qui risque de conduire notre pays et sa sous région vers l’implosion, vers une tragédie. Une telle forfaiture, une si grave carence, cette violation flagrante des textes fondamentaux de la République force le peuple à s’engager dans des actions de désobéissance civile.
Il n’est un secret pour personne que le mal du Congo est symptomatique d’un système politique cynique instauré par M. Denis Sassou Nguesso qui, depuis plus de trente ans, empêche tout progrès social, économique et politique.
En vue d’étouffer toute contestation légitime du peuple, le régime de Brazzaville renforce son dispositif policier et répressif. Les recrutements récents dans la force publique et les achats d’armes sont réalisés à cette fin.
Fidèle à ses desseins funestes, le pouvoir de Brazzaville et ses affidés multiplient les entraves à la liberté d’expression et d’opinion contre l’écrasante majorité des congolais qui, par des moyens pacifiques et conformément à la constitution du 20 janvier 2002, refusent la forfaiture en cours. Nous observons avec indignation les entraves exercées contre la tenue à Brazzaville d’un dialogue alternatif initié par les Forces Politiques et Sociales (FROCAD, MSD, CADD, Alternance 2016, RDD, CNR et plate-forme de la société civile pour le respect de la constitution de 2002 etc.) engagées dans le combat contre le changement de la constitution du 20 janvier 2002.


Dans sa frénésie, le régime totalitaire de Brazzaville a entrepris une chasse à l’homme sans merci contre des jeunes épris de liberté et défavorables au projet de coup d’Etat constitutionnel déjà en marche. C’est le cas des jeunes arrêtés et torturés à Brazzaville, à Pointe-Noire et dans les autres localités. Nombreux d’entre eux croupissent dans des conditions de vie inhumaines des geôles du pouvoir.
En brandissant l’épouvante de la menace, Sassou Nguesso espère entamer la détermination irréversible du peuple valeureux et immunisé contre l’oppression, en vue d’un passage en force. Cette manœuvre vise aussi à prendre au dépourvu tous les congolais, en convoquant in fine une élection dans des conditions anormales de liberté et de démocratie à laquelle il ne sera pas candidat.
Cette situation tragique et périlleuse pour la nation congolaise ne peut laisser indifférents les forces vives Politiques et Sociales du Congo. A l’instar de nos compatriotes de l’intérieur, les forces vives de l’extérieur œuvrent en synergie avec le peuple congolais dans cette lutte républicaine et patriotique en vue du départ sans conditions de Monsieur Denis Sassou Nguesso.
Nous invitons l’ensemble des citoyennes et citoyens à se tenir prêts à faire valoir par tout moyen le droit à la résistance prévu à l’article 10 de la constitution du 20 janvier 2002. En d’autres termes, en franchissant le Rubicon, Denis Sassou Nguesso ne nous donnera pas d’autre choix que de proclamer sa déchéance pour parjure.
Il est évident que le consensus auquel nous appellent la France et la Communauté Internationale, pour la résolution du dossier congolais, n’est envisageable que dans le strict respect de la constitution du 20 janvier 2002.
En tout état de cause, les Forces Vives Politiques et Sociales de l’extérieur invitent la France, les États-Unis et l’ensemble de la Communauté Internationale à prendre la juste mesure de la situation qui prévaut au Congo. Faute d’actions coercitives appropriées, l’entêtement de Sassou Nguesso pourrait entrainer le pays dans des troubles aux conséquences humaines et sociales désastreuses.
Par conséquent, les Forces Vives de l’extérieur ici constituées se donne la mission, en bonne intelligence avec nos compatriotes de l’intérieur, d’ouvrir la perspective de la libération du pays du joug dictatorial incarné par le régime d’exception de Denis Sassou Nguesso et ses courtisans.

Les Forces Vives condamnent sans réserve les atteintes sans cesse répétées aux libertés individuelles et témoignent de leur solidarité à tous ceux de nos frères et sœurs otages et victimes innocentes du pouvoir inique et cynique de Brazzaville.
Nous, Forces Vives Politiques et Sociales de l’extérieur, partie intégrante du peuple congolais, plus que jamais déterminées et mobilisées comme un seul homme, apportons notre soutien total aux forces Vives Politique et Sociales actuellement mobilisées.
Nous appelons toutes les composantes de la Nation congolaise :  Autorités religieuses et morales ;
 Officiers, sous-officiers et homme de rang de la force publique ;  Cadres et agents des administrations publiques et privées ;
 Jeunes, femmes et seniors du Congo ;  Acteurs politiques et associatifs,
A soutenir le Dialogue alternatif tenue par l’opposition et l’ensemble des Forces vives de la nation à Brazzaville et à rejoindre le camp des patriotes et démocrates épris de liberté et de justice pour tous, afin d’emporter, grâce au bélier de la détermination, les remparts de la dictature.
« NON » à la confiscation du pouvoir ! « NON » à la présidence à vie ou à la monarchie ! « NON » au changement de la Constitution ! « NON » et « NON », Sassou Nguesso doit partir au terme de son dernier mandat en août 2016 au plus tard
A l’unisson avec les forces vives de l’intérieur, nous disons ensemble :
Vie la démocratie, Vive la République, Vive le Congo !

Fait à Paris, le 25 juillet 2015
Les forces vives du Congo