Le 18 mai 2015, le Cabinet du Chef de l’Etat  a publié un Communiqué faisant état de la tenue d’une série de consultations initiées par le Président de la République à compter du mercredi 20 mai 2015 avec les dirigeants des Partis politiques, les acteurs de la Société Civile, les responsables des Confessions religieuses, les dirigeants de certaines institutions constitutionnelles  et les personnalités.

Ces consultations auraient pour objet, à en croire ce Communiqué, d’échanger sur « la vie de la Nation et de l’Etat ».

Analysant cette offre en réunion du Secrétariat National élargie aux membres du Bureau politique présents à Brazzaville, l’U.PA.D.S a relevé  le caractère grave d’une telle initiative d’autant plus que personne ne connait encore  les tenants et les aboutissants de ces consultations.

L’U.PA.D.S, fidèle à sa tradition républicaine de respect des institutions, a toujours considéré  le dialogue comme vertu nécessaire pour discuter et trouver des solutions aux problèmes qui touchent la marche de la République.

Toutefois, s’étant rendue compte de la mauvaise foi du pouvoir actuel qui n’a jamais traduit dans les faits les recommandations des concertations politiques de Brazzaville en 2009 et 2014, d’Ewo  en 2011, de Dolisie en 2013, a cosigné avec les autres Partis du Front républicain pour le respect de l’ordre constitutionnel et de l’alternance démocratique (FROCAD), un mémorandum le 19 mars 2015 adressé à la Haute attention du Président de la République. Lequel mémorandum trace, de manière claire, les contours  nécessaires pour la tenue d’une élection présidentielle apaisée  et d’une alternance démocratique en 2016.

Plutôt que de donner suite à ce mémorandum dans les formes requises, le Président de la République,  dans une fuite en avant, a choisi de répondre aux aspirations légitimes de l’Opposition par une farce  qui frise à la fois le mépris et le peu de considération.

Face à cette autre forme d’imposture, l’U.PA.D.S a choisi de dire non à l’appel du Président de la République, non pas par irrévérence, mais par conviction de ce que cette initiative ne répond pas à la préoccupation du peuple congolais.

L’U.PA.D.S considère que ces consultations en trompe l’œil ne profitent qu’à son initiateur et pourraient cacher un autre souci du pouvoir que celui de rechercher le bien-être des Congolais.

L’U.PA.D.S se souvient que lors des différents messages sur l’état de la Nation au parlement réuni en Congrès, le Président de la République n’a eu de cesse d’affirmer que les institutions de la République fonctionnent normalement, que le développement du pays est en marche, que le Congo n’a jamais été aussi construit et que sa paix est garantie, et que même son émergence est possible en 2025.

Alors, d’où vient que le Président de la République veuille se dédire en initiant des consultations sur la vie de la Nation et de l’Etat ? 

L’U.PA.D.S estime que ce paradoxe désolant qui forme l’objet de ces consultations nationales est un fourre-tout qui n’énonce pas l’intention réelle du Président de la République au moment où la préoccupation majeure du peuple congolais en général, et de la classe politique en particulier, demeure la préparation de l’élection présidentielle de 2016. 

L’U.PA.D.S rappelle à tous ses militants que des sanctions sévères seront prises, selon la procédure d’urgence, à l’encontre des cadres et dirigeants du Parti qui prendraient part, sous quelque prétexte que ce soit, aux consultations en cours, même à titre individuel.

L’U.PA.D.S demande à sa base, à tous les niveaux, d’être sereine et vigilante  quant  à l’issue de ces consultations nationales.

 

Fait à Brazzaville, le 22 mai 2015 

 

Le Secrétariat National 

de l’U.PA.D.S

Elargi aux Membres du Bureau Politique Présents à Brazzaville