Mesdames et Messieurs les Journalistes,

 

 

 

Comme vous le savez si bien, nous avons officiellement commencé notre année politique avec vous le 16 janvier dernier à travers notre traditionnelle cérémonie de présentation des vœux de nouvel an à la presse.

 

Depuis lors, l’actualité politique est dominée par cette étrange question de changement ou non de la Constitution fécondée par le PCT qui d’ailleurs s’obstine dans cette voie à des fins de conservation du pouvoir en usant des préceptes de Machiavel à savoir : l’intimidation, la ruse et le mensonge.

 

Ayant déjà perçu les velléités du PCT de vouloir offrir un troisième mandat au Président de la République par tous les moyens, l’U.PA.D.S a été sans fausse modestie, la première formation politique à lancer dès 2013 le slogan « Touche pas à ma Constitution ».

 

Notre discours n’a pas changé et notre position demeure irrévocable. Le 04 juin 2014 nous avons réaffirmé cette position d’autant que rien, ni politiquement ni juridiquement ne justifie le changement de la Constitution du 20 janvier 2002. Tout au plus, nous admettons que le Président de la République, en vertu de ses pouvoirs constituants, procède à la révision de certaines dispositions, notamment celles qui rentrent dans le domaine autorisé par la Constitution elle-même. Mais là encore, si la légalité ne peut être contestée, en revanche l’opportunité peut être mise en doute pour un Président de la République en fin de mandat.

 

C’est pourquoi non par opportunisme ou démagogie mais par conviction,  l’U.PA.D.S s’oppose sans nuance et sans condition au changement de  Constitution. Cette Constitution, disons le, que l’U.PA.D.S n’a jamais désapprouvée parce que n’étant pas la source des maux dont souffre le Congo.

 

Le PCT et ses alliés qui soutiennent le changement de Constitution n’apportent aucun élément d’analyse sérieux et consistant pour nous en convaincre.

 

Dans leur déclaration du 20 janvier 2015, le PCT et ses alliés s’appuient sur une litanie d’arguties qui rappellent mot pour mot le rapport du 30 avril 2014 produit par la même majorité sur la Constitution dont elle refusait à cette date d’assumer la paternité. Nous y avions répondu argument par argument pour faire connaître les vertus du régime présidentiel avec ses avantages et ses inconvénients, dans la gestion d’un Etat démocratique.

 

Pour l’U.PA.D.S, tout ce que le PCT considère comme des faiblesses de la Constitution actuelle n’est que la conséquence logique du régime présidentiel qui n’est pas le pire des régimes.

 

Par ailleurs, le PCT fait la prémonition selon laquelle il y aurait blocage des institutions de la République au cas où l’opposition accédait au pouvoir en 2016. Il justifie cette lamentable incongruité par le fait que le nouveau Président élu n’aurait pas de majorité au Parlement. C’est vrai. Cependant le PCT ignore :

 

que les Députés et les Sénateurs sont l’émanation du peuple Congolais ;

 

qu’ils ont un mandat représentatif et non impératif et par conséquent qu’ils votent en leur âme et conscience et en réalité ne sont pas soumis au diktat des Partis ;

 

Que ce cas de figure n’en serait pas le premier dans l’histoire institutionnelle des Etats démocratiques. Le Président des Etats Unis dans le même régime que le nôtre gouverne y compris en l’absence de majorité au Congrès. Sauf à croire que les Congolais ne sont que des nains politiques, qu’ils sont incapables de privilégier l’intérêt supérieur de la nation.

 

Enfin le PCT qui appelle au changement de la Constitution du 20 janvier 2002, méconnait la compétence de ses propres cadres et des juristes de renom qui ont participé à la conception de ce texte. Ces derniers n’ont eu de cesse de nous le présenter comme étant un texte de grande pertinence, avec un partage équilibré des pouvoirs entre les différentes Institutions. Ensuite qu’il prend en compte les réalités congolaises, historiques, culturelles et sociologiques. Au total, qu’il est parfaitement équilibré.

 

Et comment alors dans ces conditions envisager de sitôt son changement, pas même sa révision s’il vous plait, après seulement 13 ans d’application. Le PCT pousse l’outrecuidance en nous disant qu’il n’était qu’un texte provisoire, post-conflit, pour reprendre son propre terme, conçu pour garantir la paix et la stabilité du pays. Et alors que ces objectifs ont été atteints, il n’est plus d’aucune utilité. Comme si les cinq ans d’une transition flexible régie par une loi fondamentale qui plaçait le Congo dans un régime d’exception, n’avaient pas suffit. Ce qui est un raisonnement spécieux propre au PCT.

 

De même les dirigeants du PCT feignent  d’ignorer le rapport de leur Bureau Politique qui affirme clairement que la Constitution de 2002 n’a pas prévu les mécanismes pour son changement et par conséquent toute entreprise dans ce sens équivaudrait à un coup d’Etat constitutionnel.

 

Aussi l’U.PA.D.S appelle-t-elle les démocrates  du PCT à se démarquer des  thuriféraires et à nous rejoindre afin de préparer ensemble l’alternance en 2016.

 

Mesdames et Messieurs,

 

Oui le dialogue est une vertu républicaine. Nous en sommes d’autant plus conscients que nous avons participé à toutes les concertations politiques organisées dans notre pays quelquefois au prix de tant de sarcasmes.

 

Cependant, les Congolais ne doivent pas se faire d’illusions quant aux motivations réelles  du fameux dialogue que l’on nous assène tous les jours.

 

C’est pourquoi, l’U.PA.D.S pose les conditions ci-après de sa participation :

 

1 – Convocation par le Président de la République ;

 

2 – Insertion de l’ordre du jour dans le décret de convocation. Celui-ci ne devant porter que sur la gouvernance électorale, c'est-à-dire prosaïquement sur l’organisation de l’élection présidentielle de 2016 ;

 

3 – Présence de la Communauté Internationale afin de garantir l’application des conclusions qui en seront issues.

 

Quant à cette autre incongruité qui porte sur une soi-disant transition,  l’U.PA.D.S, prévient qu’elle ne s’associera pas à une telle manœuvre qui serait ni plus ni moins qu’un putsch contre les Institutions actuelles, et même une contradiction avec notre volonté de ne pas changer la Constitution.

 

 Le Président de la République est élu pour 7 ans. Son second et dernier mandat s’achève en juillet 2016. Le devoir républicain nous impose de respecter cette échéance et de le laisser  terminer son mandat sans tumulte, à charge pour lui-même de ne pas créer les conditions d’une remise en cause des dispositions constitutionnelles qui s’imposent à lui et à tous.

 

Sagissant du gouvernement d’union nationale dont l’idée traverse certains esprits, y compris à intérieur du front, comme nous l’avons toujours affirmé, le Congo n’étant pas en crise, l’opportunité d’un tel gouvernement ne peut être justifié.

 

L’opposition devrait au contraire revendiquer la mise en place de la Commission électorale indépendante qui aura toute la latitude pour appliquer les décisions du dialogue relatives à l’organisation des élections.

 

 

  

 

Mesdames et Messieurs les Journalistes,

 

 

 

Soucieuse de prévenir les désordres qui ramènent toujours l’Afrique en arrière, la communauté internationale ne manque pas de rappeler que le respect de l’ordre constitutionnel est une aspiration légitime des peuples.

 

C’est pour cela qu’à la cérémonie d’ouverture du 24ème Sommet de l’Union Africaine tenue le 30 janvier 2015 à Addis-Abeba, Monsieur Ban ki-Moon, Secrétaire général de l’O.N.U, a déclaré que, nous citons : 

 

« Les changements de constitution non démocratiques et les vides juridiques ne  devraient pas être utilisés pour s’accrocher au pouvoir…Les dirigeants modernes ne peuvent se permettre  d’ignorer les vœux et aspirations de ceux qu’ils représentent », fin de citation.

 

Il a poursuivi son propos en invitant les présidents africains à quitter leurs fonctions à l’issue de leur dernier mandat.

 

Dans le même ordre d’idée, Madame Michaël Jean, Secrétaire générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie, vient d’annoncer le 22 mars 2015,  la suspension de la République du Congo de l’OIF si Monsieur SASSOU NGUESSO s’entêtait à changer la constitution dans le seul dessein de se maintenir au pouvoir au-delà de 2016.

 

La Présidente de la Commission de l’Union Africaine, Madame NKOSAZANA  DLAMINI-ZUMA pour sa part, a déclaré la volonté de l’Union de faire respecter les constitutions des Etats-partie en vue de défendre la démocratie.

 

Face à un contexte international ouvertement hostile au changement de Constitution, le PCT devrait davantage réfléchir avant d’engager le pays dans une voie d’aventure et de crier demain à l’ingérence et à la violation de la souveraineté du Congo dont il se soucie peu lorsqu’il faut accéder au pouvoir par les moyens non démocratiques.

 

Mesdames et Messieurs les journalistes,

 

A bien y voir, le Congo notre pays, a une histoire politique faite de tragédie qui laisse penser à une fatalité !

 

Depuis son accession à la souveraineté nationale et internationale en 1960, les régimes politiques qui se sont succédés ont eu pour point de convergence la manière violente de quitter le pouvoir. Tenez :

 

ØLe premier Président du Congo, l’Abbé Fulbert YOULOU, a quitté les affaires à la suite de l’insurrection populaire des 13, 14, 15 août 1963 ;

 

ØLe président Alphonse MASSAMBA-DEBAT est évincé en 1968 par un coup d’état ;

 

ØLe 18 mars 1977, Marien NGOUABI est assassiné à Brazzaville ;

 

ØJoachim YHOMBI-OPANGO, quant  à lui, est chassé du pouvoir par coup d’état le 5 février 1979 ;

 

ØA l’issue de la guerre fratricide meurtrière du 05 juin 1997, le Président Pascal LISSOUBA, élu démocratiquement, est forcé à l’exil.

 

Sommes-nous obligés de revivre les mêmes scénaris pour que le président SASOU laisse le pouvoir ?  Et dans ce cas notre pays serait-il maudit ?

 

Non certainement,  parce que nous sommes persuadés que la fatalité est

 

 

 

simplement l’excuse des âmes sans volonté. Elle veut que l’on prenne toujours de bonnes résolutions trop tard.

 

 Le Président de la République  se devrait de tirer les leçons des errements de notre histoire commune pour que cette fois-ci un Chef de l’Etat en exercice au

 

Congo termine librement son mandat, cède le témoin à son successeur et continue de vivre libre et en paix dans son pays. Et ce sera nul doute en juillet 2016.

 

L’Afrique n’est pourtant pas en manque d’exemples d’anciens Chefs d’Etats qui cohabitent élégamment avec leurs successeurs. Nous pouvons citer quelques uns :

 

-         MAKKI Sal, Abdoulay Wade et Abdou Diouf au Sénégal ;

 

-         Thabo  Mbeki et Jacob Zuma en Afrique du Sud ;

 

-         John Kufuor, Jerry Rawlings et John Dramani Mahama au Ghana ;

 

-         ALPHA Oumar Konaré et Ibrahim Boubacar Kéïta au Mali;

 

-         Olusegun Obasanjo et Goodluck Jonathan au Nigéria ;

 

-         Nicéphore Soglo, Mathieu Kérékou et Thomas Bony Yayi au Bénin, etc...

 

Mesdames et Messieurs les journalistes,

 

Nous ne saurons terminer ce propos liminaire sans dire un mot sur cette honteuse instrumentalisation de la paix par le PCT.Tout laisse croire que la paix civile au Congo serait menacée et qu’il faut lever les troupes pour se préparer à une guerre.

 

Véritable fantasme, en réalité c’est la peur qui s’empare du PCT qui, après avoir géré le pays dans la plus grande injustice, sans se soucier de la cohésion nationale, source de paix, agite inutilement le chiffon rouge, le spectre de la guerre, l’épouvantail.

 

L’U.PA.D.S rappelle, comme le dit si bien l’UNESCO, que c’est dans l’esprit des hommes qu’il faut dresser les barrières de la paix. Autrement dit, que c’est dans la bonne gestion des hommes et dans une meilleure redistribution de la richesse nationale que l’on obtient la paix, la vraie paix.

 

Toute cette agitation stérile sur la paix qui serait menacée et autour d’une Constitution que l’on découvre tout d’un coup qu’elle n’est pas adaptée aux soi-disant réalités congolaises, procède de cette peur qui gagne le PCT et la psychose de se voir sanctionné démocratiquement par le suffrage populaire.

 

Au reste, l’U.PA.D.S rassure le peuple congolais et nos partenaires extérieurs que le Congo sera dirigé après le Président SASSOU, que la paix règnera, qu’un nouvel ordre politique fondé sur la fraternité, la justice et l’équité se construira, qu’il ny aura pas de chasse aux sorcières, que la sécurité du Président SASSOU devenu un ancien Chef d’Etat sera assurée et sa personne respectée.

 

Par son Groupe Parlementaire à l’Assemblée Nationale, l’U.PA.D.S prendra une initiative législative pour traduire dans les faits cette volonté d’apaisement et de responsabilité notamment en ce qui concerne la personne du Président SASSOU.

 

Enfin, je puis vous affirmer la détermination de l’opposition congolaise à mener jusqu’au bout le combat pour la liberté et pour l’idéal démocratique. C’est le sens de son rassemblement depuis le 15 janvier 2015 autour d’un Front républicain pour le respect de l’ordre constitutionnel et l’alternance démocratique.

 

L’U.PA.D.S a toute sa place dans ce grand rassemblement,  reste solidaire de la lutte qui est menée en son sein et entend y apporter sa contribution.

 

Le respect de l’ordre constitutionnel c'est-à-dire en clair l’impossibilité pour le Président SASSOU de briguer un troisième mandat pour enfin permettre l’alternance démocratique et/ou politique dans notre pays, est la signification du combat auquel s’est associée l’U.PA.D.S au sein du front.

 

-         Je vous remercie  -

 

Qu’il me plaise de rappeler à nos amis du front que c’est dans la discipline, la cohérence, la sincérité et la détermination que nous gagnerons ce combat libérateur pour le peuple Congolais.