Le président Denis Sassou Nguesso vient de souhaiter ses vœux aux Congolais. Cette allocution mérite des analyses critiques de la part de tous ceux qui, eux aussi aiment ce beau pays et sa population.
Denis Sassou Nguesso est revenu sur l’année 2014. Il rend hommage aux victimes des pluies diluviennes à Brazzaville et à Pointe Noire, mais il ne dit pas ce qu’il va faire pour que les eaux des pluies soient drainées pour ne plus avoir de tels drames.
Il parle de la baisse du prix du pétrole et fait un parallèle qui est faux sur le plan de l’économie politique internationale. En effet, il affirme que la baisse du prix du pétrole entraine la baisse du PIB dans les pays producteurs comme le Congo et entraine un gain en termes de PIB dans les pays importateurs. Seulement, la réalité est que les pays Européens qui importent le pétrole congolais sont toujours en crise malgré cette baisse et les USA qui ont plus de 3% de croissance ne doivent pas cela à la baisse du pétrole, car ce pays mise sur le pétrole de schiste produit aux USA même ou au Canada. Donc, l’équation économique décrite par Sassou ne saurait justifier son incapacité à gérer le Congo sur le plan budgétaire.  
De toute évidence, les économistes le savent, les théories de développement économiques fondées sur l’accumulation des terres et des matières premières (à l’instar des physiocrates) ont été battues en brèches depuis les révolutions industrielles des 18ème et 19ème siècles. Aujourd’hui encore, des pays comme la Russie, le Venezuela et donc les Etats africains qui ont fondé toute leur stratégie nationale et même internationale sur les matières premières connaissent des difficultés et connaitront des difficultés car les prix des matières premières sont toujours fluctuantes.   
La seule théorie économique qui marche, c’est la capacité d’un Etat à créer et recréer de la richesse. Donc développer les secteurs secondaire et tertiaire. Cela suppose de l’investissement national ou étranger.
Or cette donnée de travail, Sassou Nguesso et les siens ne peuvent la maîtriser. C’est pourquoi l’UPADS dit au peuple congolais que nous savons ce qu’il y a à faire. L’alternance de 2016 donnera à l’UPADS et l’ensemble du peuple congolais ‘opportunité de se mettre enfin au travail, d’investir pour créer cette valeur ajoutée pour notre économie.
Ce n’est que de cette façon que nous pouvons structurer et dynamiser notre économie et renforcer de facto la démocratie car un peuple affamé est une poudrière qui peut exploser à tout moment. Les historiens le savent.
Lorsque le président Sassou cite le « chemin d’avenir », son projet phare, il oublie de dire combien d’emplois ont été créés depuis. En effet, lorsqu’un président parle de développement économie, de vouloir faire reculer le chômage, procéder à l’industrialisation du Congo… lorsqu’il affirme vouloir améliorer la vie des Congolais, s’il ne mentionne pas le nombre d’emplois qu’il espère créer, s’il ne dit pas à quelle échéance combien de Congolais trouveront du travail et sortiront de la pauvreté, tout son discours est nul et sans effet.
Quel espoir Sassou Nguesso peut-il encore vendre aux Congolais à ce sujet ? Sa stratégie de marketing ne marche plus. Ce qui confirme les mots du 1er secrétaire de l’UPADS lorsqu’il affirme que les Congolais sont malades de leur président. Il n’a plus rien à dire de sérieux sur le plan économique. Son discours est confus et diffus et aucune analyse économique ne peut l’expliciter.  
Disons un mot des transports publics urbains à Brazzaville. Mais Denis Sassou Nguesso doit dire aux Congolais qu’il a déjà été président de la république entre 1979 et 1992. Dans les années 1980, il crée la Société de Transport Brazzavillois (STB) avec comme outils, les bus PEGASO. Gabriel Emouengué est alors maire de Brazzaville. En quelques mois, les responsables politiques ont montré leurs incompétences dans la gestion de transport urbain, faisant dire aux Brazzavillois que « Pendant qu’Emouengué Gaspille l’Argent Sassou Observe (PEGASO). Comme quoi, les congolais ont de la suite dans les idées. Au final, la société STB sera changée en STUB. Mais quelques mois après, tous les bus avaient cessé de fonctionner. L’aéroport Maya-Maya était devenu le cimetière des bus en panne, puis des carcasses de bus. Le pouvoir de Sassou fera un simulacre de procès de détournement d’argent par la revente de billets de transports. Quelques chauffeurs et contrôleurs seront condamnés, mais aucun maire ne le sera, ni Emouengué, ni son successeur Jean Jules Okanbando.   
Aujourd’hui, quelle assurance avons-nous pour croire que cette fois-ci la gestion sera différente ? Le pouvoir n’a jamais tiré les leçons de la gestion calamiteuse de Sassou1.
Enfin, le président Sassou Nguesso a parlé, ou pour mieux dire a essayé de parler du changement de la constitution.
Tout analyste politique (comme François Soudan) a pu observer que Sassou Nguesso a eu beaucoup de mal à produire à ce sujet un chapitre structuré, cohérent et compréhensif par tous. Je ne sais pas si quelqu’un a compris réellement ce qu’il voulait dire. Je pense même qu’au PCT, tout le monde est dans le doute car là aussi, il a été confus, diffus et touffus.
Oui le Congo peut être en paix aujourd’hui. C’est tout à fait normal puisque le fauteur de trouble est au pouvoir. Sassou oubli très vite que Lissouba reste à ce jour le seul président élu au suffrage universel sans contestation car à l’époque Sassou est à la présidence et Milongo André est premier ministre. Lissouba a gagné à la loyale et avant la fin de son mandat c’est Sassou qui a fait un coup d’Etat. Il parlait des historiens, eh oui les historiens retiendront cela car on ne triche pas avec l’histoire. LES FAITS SONT TETUS 
L’UPADS est le seul parti politique au monde qui, après avoir perdu le pouvoir par coup d’Etat avec plus de 15 000 morts, respecte le jeu démocratique sans entretenir des bandes armées, sans garder un fief en état de rébellion. Le professeur président Pascal Lissouba serait lui-même contre un tel choix. Aussi, Personne ne peut aujourd’hui accuser l’UPADS et ses responsables d’être des fauteurs de troubles. Depuis que Sassou est revenu au pouvoir par coups d’Etat, ses craintes sont orientées vers ses anciens porte-flingues. Les démons qui hantent ses nuits sont ceux qui étaient avec lui lors de sa campagne coups d’étatiste. Donc, il doit cesser de faire croire que les autres, notamment l’UPADS veut créer un trouble. La région natale de Pascal Lissouba n’est pas en rébellion armée. 
Pour l’UPADS, Sassou terminera son deuxième mandat, il y aura des élections et il passera le témoin à son successeur. Il ne saurait en être autrement. 
Avant lui, il y a eu Youlou, Massamba-Débat, Marien Ngouabi et Yhombi. Après lui, il y a eu Lissouba. Donc, nombreux ont été des fils du Congo qui ont déjà présidé aux destinées du pays avant lui. Nombreux sauront encore le faire après lui. Il n’est pas l’homme providentiel du Congo. Il est seulement celui qui est resté trop longtemps au pouvoir et qui a trop appauvri les Congolais.
Il ne sert à personne d’agiter les peurs. Si les Congolais étaient des peureux, ils n’auraient pas chassé Youlou du pouvoir trois ans seulement après les indépendances. Et ça, nous l’avons dans le sang.
La démocratie et l’alternance après deux mandats resteront désormais des leitmotive de la vie politique au Congo.


Vive la République
Et vive le CONGO

 

Didier MOUEGNI IVOLO

Master’s degree en politique internationale

Master2 pro Sciences Humaines et Sociales, option Sciences de l’Education

Faculté des Sciences Humaines et Sociales - Sorbonne

1er Secrétaire de la Section UPADS Paris Île-de-France