Il convient avant toute chose de féliciter le vaillant peuple burkinabé qui vient à la suite d’une haute lutte et en payant un prix fort de débarquer l’un des dictateurs africains trentenaire au pouvoir.

Qui douterait encore qu’un soulèvement populaire est une bombe humaine en déflagration ? Au pays des hommes intègres un baobab est tombé sans bruit. Et des images que nous avons vues de ce peuple qui crie « morte la bête, adieu le venin » se dégagent une symbolique forte et une poésie riche de promesses.

La perspicacité de ce peuple suscite en effet un réel espoir pour les autres peuples qui aspirent à des changements similaires pouvant conduire vers une démocratie véritable. Le peuple burkinabé vient non seulement de nous donner une leçon de courage politique mais il vient surtout d’écrire dans le livre d’or de l’Afrique un nouveau théorème intitulé « Théorème de Blaise COMPAORE », dont l’énoncé est le suivant :

 

« Lorsque l’on veut se maintenir au pouvoir à tout prix, y compris par la manipulation de la loi fondamentale (constitution), un peuple déterminé et qui s’y oppose finit par faire vaciller le sordide projet ».

 

Ce qui vient de se passer au BURKINA FASSO présente à plusieurs égards notamment au niveau de la dictature au pouvoir, de nombreuses similitudes avec la situation politique dans d’autres pays africains et en particulier au CONGO.

 Parmi les analogies relevées entre le dictateur du BURKINA FASSO et celui du CONGO, on peut noter:

   

·         Qu’ils ont tous les deux trempé de près ou de loin à l’assassinat d’un de leur prédécesseur ;

 

·         Qu’ils totalisent chacun au moins une vingtaine d’années au pouvoir, endossant ainsi une lourde responsabilité sur la situation socio-économique de leurs pays respectifs avec un chômage endémique des jeunes.

 

·         Tous les deux étant incapables de construire les fondements d’une démocratie réelle dans leur pays, se sont érigés en donneur de leçons en devenant « homme de paix et médiateur tous azimuts» dans leur sous-région respective.

 

·         Tous les deux appartiennent à la même obédience maçonnique, ternissant ainsi l’image déjà assez édulcorée des loges maçonniques.

  

Même si nous avons pu relever ces quelques points de convergence entre les situations dans les deux pays, nous pensons qu’il est sain de parler d’une différence fondamentale qui sépare la république du BURKINA FASSO de celle du CONGO ; il s’agit de la différence notable entre les classes politiques respectives.

 

En effet, si au BURKINA FASSO, existe une classe politique d’excellente qualité, celle du CONGO a une crédibilité largement entamée au près des citoyens car elle est en grande partie corrompue par le système en place ; en témoigne d’ailleurs l’absence criarde d’un grand parti de l’opposition capable de porter un projet d’alternance politique crédible.

 

Qu’à cela ne tienne, ce qui peut paraître aujourd’hui comme un handicap peut s’avérer salutaire demain car nous pensons que l’opposition réelle saura exploiter ce qui vient de se passer au BURKINA et trouver les ressources nécessaires pour unir ses forces et soutenir le peuple congolais dans sa revendication légitime de quête de démocratie. Car la soif de justice et de liberté est aussi nègre, autant le rêve de progrès et le désir de bien être sont intrinsèques au genre humain.

 

Alors débout peuple congolais ! Mêle ta voix à celle des autres peuples confrontés à la même problématique du changement de constitution, à l’occasion du franc succès remporté par le peuple burkinabè, pour offrir au reste de l’Afrique noire l’envie, l’enthousiasme et l’énergie de réclamer l’alternance démocratique.

 

Une Afrique prospère et respectée est à portée de main, pour peu que les luttes légitimes convergent, les pouvoirs autocratiques vacillent, et une génération de politiques animées d’une vraie passion de l’avenir imposent la démocratie intégrale et l’intégration véritable.

 

« Dans notre pays, le mal triomphe parce que les hommes et les femmes de bien ne font rien ».

 

A. Florent BISSINGOU et N’DONGUI Mabiala.