Les niveaux élevés des dépenses publiques et l’épuisement des réserves de pétrole appellent à un ajustement budgétaire en République du Congo à moyen et à long termes, a averti le Fonds monétaire international (FMI) dans son dernier examen des performances économiques du pays de cette année.

Dans le rapport, publié, jeudi tard dans la soirée, le FMI a déclaré que « les estimations des réserves prouvées de pétrole suggèrent que les revenus du pétrole vont diminuer de manière décisive dans 15 ans’, ajoutant ’qu’étant donné le très important déficit budgétaire non pétrolier actuel, cela aura un impact majeur sur les agrégats budgétaires’.

Les personnels du Fonds, qui ont visité le Congo en juillet dernier, ont proposé une trajectoire d’ajustement budgétaire visant à réduire de moitié, le déficit primaire non pétrolier à environ 30% du PIB non pétrolier en 2019, avec une réduction supplémentaire à moyen et long termes.

 Cette réduction du déficit non pétrolier devrait être atteinte en premier lieu par une rationalisation des dépenses. En outre, des efforts devraient être faits pour augmenter les recettes non pétrolières de manière équitable’, indique le rapport, proposant une stratégie qui pourrait atténuer l’effet négatif de la consolidation budgétaire sur les inégalités et la pauvreté dans le pays.

Selon le FMI, la croissance du Congo a été forte, l’inflation faible et les réserves budgétaires, ainsi que les réserves internationales adéquates.

Cependant, le Fonds a constaté que la pauvreté et le chômage restent élevés, malgré les grandes dépenses publiques financées des revenus du pétrole.

Le climat des affaires est parmi les plus difficiles et le ratio crédit privé par rapport au PIB parmi les plus bas en Afrique au sud du Sahara (ASS)’, a souligné le rapport du FMI.

Il projette que l’économie du Congo va augmenter d’environ 6% par an entre 2014 et 2019, du fait que de nouveaux champs de pétrole arrivent sur le marché et un programme d’investissement public ambitieux est mis en œuvre pour diversifier l’économie et rendre la croissance plus inclusive, tandis que la production de pétrole sera au sommet en 2017.

Les perspectives à moyen terme pour la croissance non pétrolière et la réduction de la pauvreté reposent sur les progrès de faire face aux faiblesses structurelles profondément enracinées et à l’ajustement budgétaire. Les risques pour les perspectives sont liés à la volatilité des prix du pétrole et à l’instabilité politique’, a indiqué le rapport.

Sur les politiques macro-économiques, il a suggéré qu’ils devraient se concentrer sur la satisfaction des besoins sociaux et du développement de l’économie tout en atténuant les risques pour la stabilité macro-économique à long terme.

« La croissance des dépenses publiques doit être arrêtée et le budget 2014 ne doit pas être dépassé’, a conseillé le Fonds.

Au milieu des pressions de dépenses liées aux Jeux africains 2015 et les élections présidentielles de 2016, le FMI a déclaré que de nouveaux développements budgétaires doivent être pris en compte dans un budget supplémentaire en 2014 pour améliorer la transparence.

En vertu de la Constitution du Congo, le président Sassou-Nguesso ne peut pas être réélu pour un troisième mandat de sept ans. Les partis d’opposition dans le pays font pression pour des réformes électorales, y compris l’établissement d’une Commission électorale indépendante et la vérification des listes électorales.

Dans le contexte politique, le FMI a observé que les troubles récents dans les pays voisins n’ont pas encore eu des retombées matérielles.

’Compte tenu de la durée de vie limitée des réserves de pétrole, une consolidation budgétaire progressive devrait être prise pour cible sur le moyen terme pour préserver la viabilité budgétaire et la dette’, a-t-il souligné.

Selon le rapport, les efforts continus du Congo pour faire face aux contraintes de mise en œuvre et de la capacité d’absorption ont besoin d’être intensifiés afin de maximiser les avantages des investissements publics et il faudrait envisager d’adopter le solde primaire non pétrolier comme l’ancrage budgétaire.

Il a, en outre, recommandé que l’approvisionnement de l’offre du secteur privé aux dépenses d’infrastructures publiques devrait être maximisée grâce à la mise en œuvre de réformes visant à améliorer le climat des affaires, soutenir l’investissement privé et développer le secteur financier.

« Le projet-pilote de transferts monétaires doit être bien ciblé et contrôlé pour réduire la pauvreté.

’Le respect des exigences de mise en commun des réserves assurera le bon fonctionnement continu de la BEAC (Banque des Etats de l’Afrique Centrale) et l’ancrage du taux de change, qui continuent tous les deux à bien servir la République du Congo », a conclu le rapport.

 

 samedi 6 septembre 2014 par L’Agence Panafricaine de Presse (© PANAPRESS)

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