Camarades membres du Bureau Politique,


Depuis nos assises  de Dolisie en décembre 2013 qui se tenaient six mois après le Congrès Unitaire Extraordinaire et qui ont donné la preuve de notre capacité à tourner la page des querelles en notre sein, la Direction du Parti n’a eu de cesse d’exécuter les orientations et recommandations des instances délibérantes du Parti. Elles se résument en la consolidation des fondements existentiels du Parti et en l’affirmation de ses nobles ambitions.
Au cœur de ce travail, le processus de modernisation du Parti, sa participation intelligente et déterminée au combat politique pour l’émergence d’un état plus juste, plus prospère et plus démocratique.
La modernisation du Parti est un des grands chantiers que nous avons ouverts ; elle vise à moyen terme à édifier un Parti dont les ambitions sont en adéquation avec les ressources humaines et financières disponibles et avec son niveau d’organisation et de mobilisation. Et pour tout dire notre retour aux responsabilités dont rêvent nos militants et le Peuple Congolais ne peut devenir réalité qu’en parvenant à la hauteur de ces exigences. Faut il le rappeler, la modernisation du Parti sous entend :
1 – la remobilisation des forces vives du Parti au moyen d’une restructuration pyramidale et spécifiquement celle des organisations spécialisées qui constituent le plus grand réservoir de nos ressources humaines ;
2 – la visibilité et le redéploiement du Parti au travers d’une communication audicieuse dotée de moyens modernes et d’une politique extérieure tous azimuts qui réaffirme la vocation panafricaine et sociale –démocrate de l’U.PA.D.S ;
3 – la restauration de la dignité de l’U.PA.D.S par l’acquisition d’un espace prestigieux qui abrite le siège national et par la dotation aux coordinations départementales des sièges qui rehaussent la respectabilité locale du Parti ;
4 – le financement des activités du Parti en recouvrant pour l’essentiel aux moyens librement affectables. 

Camarades membres du Bureau Politique,
S’agissant de notre participation au combat politique pour l’émergence d’un Etat juste, prospère et démocratique qui traduit notre pensée idéologique, elle nous assure de la défense de nos idéaux de paix, de justice sociale et de démocratie. C’est sous l’éclairage de ces valeurs, de nos valeurs que nous avons placée notre discours et notre posture dans ce combat.
Le contexte national des dix derniers mois qui nous séparent de la rencontre de Dolisie, est parasité par le débat constitutionnel et comme chaque année par l’autosatisfaction du pouvoir sur les prétendus succès de la municipalisation accélérée. Et comme, cerise sur le gâteau, par le traditionnel message du Président de la République sur l’état de la Nation.
Sur le débat constitutionnel, la direction de l’U.PA.D.S est demeurée constante dans sa position à savoir : pas de changement de Constitution, donc par conséquent pas de référendum sur ce cas précis. En revanche, une révision est possible sur toutes les dispositions de l’actuelle constitution à l’exception notable de celles qui sont visées par l’article 185 de la même Constitution.
Dans son message du 12 août dernier, le Président de la République qui ne dissimule plus ses intentions, a annoncé la tenue d’un référendum pour consulter le Peuple Congolais sur un projet de nouvelle Constitution. La Constitution de 2002 n’ayant pas prévu la procédure référendaire d’abrogation par le Président de la République, nous nous placerions en situation de coup d’Etat Constitutionnel.
L’U.PA.D.S saisira la Cour Constitutionnelle sur l’interprétation de l’article 86 de la Constitution. Et comme nous ne nous faisons pas d’illusions quant à l’indépendance de cette prestigieuse Institution, nous solliciterons auprès des Institutions Africaines ou autres, des avis techniques sur le fameux article 86 de la Constitution qui en réalité limite le champ du référendum à l’organisation des pouvoirs publics. Restera alors, après toutes ces saisines, si le droit n’était pas entendu, l’action politique organisée et déterminée pour s’opposer à cet  acte de haute trahison. Ceci peut paraître comme de la bravade. Mais rassurons – nous d’une chose mes chers camarades : de plus en plus des voix s’élèvent, des hommes et des femmes nous rejoignent et la communauté internationale silencieuse, ne demeurera pas longtemps sans réponse devant la remise en cause des processus démocratiques en Afrique francophone. C’est pourquoi je reste convaincu que nous gagnerons ce combat que d’aucuns croient perdu d’avance si l’on en juge par la propagande burlesque et onéreuse du pouvoir. La force brutale finira par se plier devant la raison et le bon sens.
Camarades membres du Bureau Politique,
Le changement de la Constitution n’est pas le seul point de désaccord entre le pouvoir et l’U.PA.D.S. Un autre point sensible vient d’alourdir le climat politique que nous croyons enfin apaisé. Il s’agit de manière générale des conditions d’organisation des élections dans notre pays et précisément des élections locales actuelles, objet de la convocation de cette session extraordinaire du Bureau Politique.
Ainsi que vous le savez, l’histoire électorale du Congo est de façon récurrente ponctuée des drames avec des conséquences désastreuses sur la cohésion nationale. C’est pour cela que nous avons eu la sagesse au sortir de la Conférence Nationale Souveraine de faire organiser les élections par une Institution qui garantit l’impartialité et la crédibilité du vote. D’année en année, le consensus a fini par supplanter le pouvoir régalien de l’Etat en matière électorale.
Telle est l’option assumée par les pouvoirs qui se sont succédés dans notre pays. Et c’est pour cette raison que l’U.PA.D.S a pris part à toutes les Concertations politiques organisées par le Gouvernement, et a déféré à toutes les invitations adressées par le PCT aux fins de parfaire le système électoral Congolais.
Quels qu’en soient les résultats, hélas nuls, nous sommes convaincus d’avoir pris la bonne décision en participant à ces échanges et d’avoir prouvé à l’opinion nationale que nous sommes attachés aux valeurs de paix et de concorde.
Aujourd’hui le peuple Congolais n’a plus de doute sur le pouvoir actuel et singulièrement sur le Président de la République.
La paix qu’il s’est approprié et la violence qu’il a attribuée aux autres, notamment à l’Opposition, répondent à cette conception manichéenne de la  perception des choses. Et si par hypothèse le Président de tous les Congolais, notre Président à  tous, était devenu l’incarnation de la paix et de la concorde, comment expliquer alors qu’il laisse prospérer dans le pays les germes de conflit en faisant organiser les élections dans des conditions outrancièrement partiales.
En effet, depuis les élections générales de 1992 qui constituent la référence dans l’histoire électorale du Congo, aucun pouvoir n’avait présenté une telle arrogance mâtinée de gangstérisme dans la manière de traiter les questions électorales de cette importance. Tenez : un décret antidaté, pris à la hussarde et qui vise une loi en procédure de révision.
Le spectacle que nous offre le PCT et le Président de la République lui-même est hallucinant. Il nous place devant un cas de conscience parce qu’il faut choisir entre le boycott et la participation à ces élections.
Autant de raisons pour l’une et l’autre des deux options qui sont sur la table du Bureau Politique. Pour un Parti attaché à la démocratie locale, promoteur de la décentralisation au Congo, la gestion des collectivités locales est plus qu’une passion, une idéologie.
C’est pour résoudre ensemble cette équation que le Secrétariat National a convoqué en session extraordinaire la présente session du Bureau Politique.
En toute responsabilité Camarades membres du Bureau Politique, prenons la décision qui préserve l’unité du Parti, qui accroît son prestige et son audience et qui la place en pôle position pour la reconquête du pouvoir.

Je déclare ouverte la présente session extraordinaire du Bureau Politique.

- Je vous remercie