En commettant dans son numéro 688 un article intitulé « Comment Sassou négocie le scrutin de 2016 », cette feuille très courue en Afrique se lance dans un exercice de contorsionniste digne des plus grands cirques et veille à orienter vers ses caisses un peu des pétro-cfa des deux prochaines années, cueillant ainsi au passage quelques miettes du gâteau que se partagent Jean-Paul Pigasse et certains hebdomadaires rompus dans l'art du panégyrique au profit des dictateurs de nos contrées très démocratiques.

Nous vous livrons le texte complet de cette flatterie qui n'a pas peur de se charger de contre-vérités flagrantes. Nicolas Sarkozy, qui a laissé son pays dans le trou des déficits, empêtré dans les multiples affaires qui lui collent comme le sparadrap du capitaine Haddock, navigant dans un champ de peaux de bananes, ne saurait être la caution internationale qui dorerait le treillis de ce général qui a mis son pays non seulement à sang et à feu, mais l'a aussi plongé dans une pauvreté que personne n'arrive à masquer.

 Distributeur de sagesse dans son pays, il se voit décerner un brevet de sagesse par LA LETTRE DU CONTINENT. Mais les DISPARUS DU BEACH et les BIENS MAL ACQUIS sont toujours présents : leurs instructions n'ont été arrêtées ni par la fourniture du carburant de l'opération militaire au Mali, ni par la participation à la MISCA. Quant à la médiation qu'il mène en Centrafrique, ce n'est un secret pour personne que ni les résolutions de Malabo, ni les accords parcellaires de Brazzaville n'ont apporté une amélioration à la situation.

En plaçant Guy-Parfait Kolelas et son MCCDI dans l'opposition, LA LETTRE DU CONTINENT a une étrange lecture d'une situation qui date d'avant le décès du fondateur de ce parti. Quant à l'U.PA.D.S, elle est décrite selon les critères d'avant le Congrès Extraordinaire Unitaire de juin 2013 : un passage à Diata (siège de l'U.PA.D.S) s'impose. Au grand dam de LA LETTRE DU CONTINENT, le parti du Président Pascal Lissouba parle d'une seule voix. Et l'on peut noter au passage que Mathias Dzon est présent dans une alliance très active.

Je ne ferai pas plus de commentaires. Voici dans son intégralité, le texte de LA LETTRE DU CONTINENT. Lisez et faites-vous votre propre opinion.

 

Didier Mahouèle ma Makita.

Président de la Coordination EUROPE-AMERIQUES de l'U.PA.D.S

Rueil Malmaison, le 30 septembre 2014.

 

 

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A moins de deux ans de la prochaine élection présidentielle, rien ne semble arrêter Denis Sassou Nguesso, 71  ans, dans sa volonté de briguer un nouveau mandat pourtant interdit par la Constitution qu'il a lui-même fait approuver. Imperturbable et méthodique, le président congolais continue de préparer le terrain pour imposer sa candidature. Au moment où sa stature de médiateur dans plusieurs crises africaines semble le mettre à l'abri de toute pression internationale, il parvient progressivement à s'assurer la fidélité sans faille des hauts dignitaires du pays, de l'armée et du PCT, redevenu parti unique de fait. Analyse.

Communication et médiation. Denis Sassou Nguesso ne pouvait espérer meilleure publicité que la venue de Nicolas Sarkozy à Brazzaville le 25 juillet. Gérée à Paris par l'ambassadeur Henri Lopes, l'invitation de l'ex-président français à participer au Forum Forbes Afrique aux côtés de personnalités comme Christine Ockrent ou Jacques Attali répond à une opération de légitimation internationale recherchée par la présidence congolaise depuis des mois. Pour le chef de l'Etat, l'enjeu est crucial. Celui-ci vise à renforcer l'image de nouveau "sage d'Afrique" et à rendre inaudibles les critiques sur sa volonté de se maintenir coûte que coûte au pouvoir.

La médiation qu'il pilote sur le dossier centrafricain répond à cette stratégie. Jugé comme un pestiféré en 2012, à l'arrivée du pouvoir socialiste en France, Sassou Nguesso s'avère aujourd'hui incontournable pour Paris sur ce dossier. Le président congolais, qui s'entretient tous les quinze jours au téléphone avec Laurent Fabius, n'a d'ailleurs pas manqué de mettre en avant son implication lors du sommet USA-Afrique de Washington, début août. C'est dire si l'homme fort de Brazzaville n'a eu aucune peine à évoquer son projet de référendum devant les hauts dignitaires mbochis - les Nkanis - réunis au début du mois à Oyo (nord), son village natal. Prévue en 2015, cette consultation doit permettre de faire approuver une nouvelle Constitution délestée des articles limitant le nombre de mandats présidentiels en raison de l'âge. Un grand classique.

Opposition fantôme, PCT aux ordres. Cette opération de charme s'accompagne, sur le plan intérieur, d'une mise en coupe réglée de l'opposition. Atone et asphyxiée financièrement, celle-ci ne dispose d'aucune marge de manœuvre. Implanté dans le Pool (sud), le MCDDI s'est risqué à siéger au gouvernement via Guy-Parfait Kolelas, fils de son fondateur et ex-maire de Brazzaville, feu Bernard Kolélas. Son discrédit n'en est que plus grand. Bien visible dans les départements les plus peuplés (Niari, Bouenza, Lékoumou...), l'Upads de l'ex-président Pascal Lissouba est minée par les dissidences suscitées par Sassou Nguesso lui-même. Patron de l'ARD, l'ex-ministre des finances Mathias Dzon peine à fédérer les autres forces hostiles au "chef". Quant au PCT, parti majoritaire, il est sous la pression constante du palais présidentiel. Son secrétaire général, Pierre Ngolo, vient de recevoir pour instruction de neutraliser les courants animés par des personnalités comme Camille Bongou ou l'ex-ministre de la défense Charles Zacharie Bowao. Leur tort ? S'interroger sur une évolution souhaitable de la gouvernance dans le pays.

Appareil sécuritaire verrouillé. Le dessein présidentiel ne risque pas davantage de susciter l'ire des Forces armées congolaises (FAC), celles-ci reposant sur une base ethno-régionale très marquée. A fortiori de la Garde républicaine (GR) et de la Direction générale de la sécurité présidentielle (DGSP). Ces deux corps d'élite formant la garde rapprochée de Sassou Nguesso sont gérés respectivement par le général Nianga Ngatsé Mbouala et le colonel Serge Oboa, deux Mbochis d’Oyo. Autre bras armé du pouvoir, la Police nationale congolaise (PNC) demeure sous la férule du général Jean-François Ndenguet, lui-même encadré par Jean-Dominique Okemba, neveu du chef de l'Etat et patron inoxydable du CNS (service de renseignement). 

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