Chers compatriotes,
Mesdames, Messieurs,
C’est un jour unique dans la vie d’une Nation, d’un Peuple et d’un Etat que de célébrer son indépendance, son accession à la souveraineté nationale. Ce jour-là, le 15 août 1960, le Congo cessa d’être le prolongement de la France pour devenir un Etat parmi d’autres dans le monde et participer au concert des Nations libres.   
En ce jour de célébration du 54ème anniversaire de l’indépendance, nous rendons hommage aux pères de notre indépendance qui hélas, restent mal connus de la population et de la jeunesse à cause du comportement politique égoïste qui veut que dans les médias et partout dans le pays, on ne parle que de l’équipe dirigeante actuelle et surtout de son président, au lieu de laisser une grande place à ceux qui ont donné leur vie pour que nous soyons libres aujourd’hui.  

Chers compatriotes, Mesdames, Messieurs,
L’acte d’indépendance est un acte fondateur qui veut que chaque Congolaise et chaque Congolais puisse sentir dans sa chair et dans son âme, les bienfaits apportés par l’indépendance. Que chacun, selon ses compétences et quelle que soit son origine, trouve sa place dans la société. Or, 54 ans après l’indépendance, le Congo notre pays est malade. Malade de la façon dont le pays a été géré par le PCT, Parti Congolais du Travail.
En effet, à l’accession à l’indépendance, le Président Fulbert Youlou avait jeté les bases du progrès au Congo. Mais, la réalité politique ne lui a pas laissé le temps d’achever son œuvre.
Le Président Alphonse Massamba-Débat qui lui succède en 1963, soutenu par un premier ministre brillant, le jeune Pascal Lissouba, va initier l’industrialisation du Congo. C’est à ce jour, le meilleur exemple de bonne gestion des affaires de l’Etat. Un exemple qui mérite d’être enseigné et étudié dans nos écoles et universités. Car les anciens se souviennent qu’à cette époque, le trésor de Brazzaville regorgeait des richesses que tout Congolais pouvait voir et admirer.
Pascal Lissouba est resté à ce jour le seul premier ministre qui a vraiment relevé le Congo sur le plan industriel et économique. Mais les appétits politiques vont faire qu’un groupe de militaires arrive au pouvoir et scelle l’avenir du Congo.

Dès lors, le Congo va entrer dans une phase de régression économique, politique et sociale. Et aujourd’hui, il suffit de se promener dans les rues de toutes les villes et villages du Congo pour lire sur les visages  le désarroi, la souffrance, la misère et in fine le désespoir.

54 ans après l’indépendance, il n’y a pas d’offre politique crédible pour le Congo. Comment peut-on célébrer l’indépendance, penser à la mémoire de nos anciens et accepter de continuer d’abriter à Brazzaville les restes de Pierre Savorgnan de Brazza, symbole même de cette oppression contre laquelle nos grands-parents, nos parents, ont lutté ?
Sur les 54 ans d’indépendance, le Président actuel Denis Sassou-Nguesso a cumulé 30 ans de présidence : de 1979 à 1992 et de 1997 à aujourd’hui. Quel bilan et quelles perspectives pour le Congo :

 

Sur le plan économique
Selon les chiffres des institutions internationales, l’économie congolaise reste dominée par le secteur primaire qui représente 69,2% dont 64,3%  pour le seul pétrole. Le secteur secondaire représente 10,9% et le tertiaire 19,9%.
Ces chiffres montrent la faiblesse de notre économie et la pauvreté des Congolais, malgré le prix du baril de pétrole qui se situe à plus de 100 dollars US. Ce qui pose la question de gestion de la richesse nationale.
L’U.PA.D.S en cette date anniversaire, assure au peuple congolais que l’alternance politique permettra d’inverser cette courbe avec un projet de développement économique ambitieux, qui tient compte des réalités et des besoins du Congo et des Congolais.
Pour ce faire, nous ferons confiance à notre faculté des sciences économiques, nous créerons des instituts de recherche en sciences économiques pour conseiller les gouvernants et informer les congolais sur les activités économiques dans le pays et leurs relations avec le monde. 

 

Sur le plan politique
L’U.PA.D.S réaffirme son opposition à toute modification et au changement de la Constitution du 20 janvier 2002. L’absence de progrès économique est le fait d’un gouvernement et d’un Président qui élaborent des projets sans tenir compte des attentes des Congolais. En 17 ans de présidence depuis son retour au pouvoir, quel est le bilan de Denis Sassou-Nguesso sur le plan économique ? Combien d’emplois créés par  an ? Combien de logements…
Ainsi, 2016 donnera aux Congolais la possibilité d’expérimenter un autre pouvoir au lieu de continuer avec une équipe qui ne gagne pas.

 

Sur le plan de l’éducation et du social
Le tissu social est aujourd’hui délabré. Les hôpitaux manquent de médicaments, les médecins ne savent plus comment soigner la population. Nous donnerons aux hôpitaux et aux médecins les moyens d’exercer leur métier et de respecter le sermon d’Hippocrate. Dans le même temps, nous allons repenser la formation des médecins, des infirmiers et de tout le personnel médical et paramédical. Priorité sera donnée aux maladies tropicales.
Nous proposerons la réforme de l’enseignement avec comme objectif l’étude du Congo et non des autres pays. En effet, l’U.PA.D.S fera de sorte qu’à la fin de son cursus secondaire, un Congolais puisse connaître son pays sur le plan de son histoire, de la politique, de sa population, de son économie, de ses us et coutumes… pour parvenir à construire le sentiment national. 

  

Nos forces armées, de gendarmerie et de police
Depuis l’accession à l’indépendance, les Congolais ont souvent eu peur de leur armée, de leur gendarmerie et de leur police. L’U.PA.D.S travaille et travaillera pour que l’armée congolaise retrouve toute sa place dans notre société. Il faut de la confiance entre les forces de l’ordre et la population. Nous repenserons aussi à leur formation en tant qu’institution nationale garante de la sécurité nationale et de la souveraineté nationale.
D’autre part, le Congo joue et jouera un rôle important dans la stabilité des Etats de l’Afrique centrale et peut être même au-delà. Ainsi, il est important pour nous U.PA.D.S d’encourager nos forces armées engagées en Centrafrique pour qu’elles aident ce pays frère à retrouver sa stabilité politique et que son peuple retrouve la paix sociale et le goût du vivre ensemble.
Nos soldats accomplissent un travail considérable loin de leurs familles, nos pensées les accompagnent tous les jours. Dans le même temps, pour que nos militaires puissent assurer en toute sécurité leurs missions, il nous faut repenser leur formation et leur équipement. Ces nouvelles missions de nos forces armées vont de pair avec ces deux éléments.     

Pour terminer, l’U.PA.D.S propose au peuple congolais un contrat social et un contrat politique. Un contrat social qui permettra à chacun de se sentir fier d’être Congolais, de sa naissance jusqu’à sa mort. Fier d’appartenir à une communauté où chacun a sa place, où chacun peut aller et venir sans crainte de tous les coins et dans tous les coins du pays. Dans ce contrat social, chacun aura sa place en fonction de la loi, du code civil et du code de la famille. Le Congo deviendra un pays géré par le droit, la loi et non l’arbitraire et la loterie.
Du contrat politique car l’U.PA.D.S proposera un espace de débat, de dialogue à chaque fois qu’il faut engager l’intérêt du pays. Une personne seule, soit-elle président de la république ne pourra engager la responsabilité du pays.
En ce moment-là, nous parlerons véritablement de l’indépendance politique et économique du Congo.

Pour le moment, bonne fête d’indépendance à toutes et à tous
Vive le Congo indépendant,
Vive la République,
Je vous remercie

 

Didier MOUEGNI IVOLO
Premier Secrétaire de la section, U.PA.D.S Paris/Ile-de-France