Arlette SOUDAN-NONAULT, ancienne secrétaire particulière de Claudine MUNARI-MABONDZO et actuelle membre du bureau politique du PCT s’est fendue après Pierre NGOLO et tous les deux sur la trace de Denis SASSOU-NGUESSO, d’une intervention éculée autant qu’hallucinante.

 Elle pousse les cris d’orfraie, en criant au scandale, et en mettant à l'index la prétendue violence de l’opposition sans jamais avoir le courage de dire que c’est la réponse du Premier Secrétaire de l’U.PA.D.S Pascal TSATY-MABIALA sur RFI et celle d’Honoré SAYI à France 24 Télévision, relatives au méga-meeting de Dolisie qui sèment la panique au PCT.

Pour Pierre NGOLO qui a toujours procédé par affirmations non étayées, il insinue que le débat sur la Constitution du 20 janvier 2002 est le fait de l’opposition.Il fait ainsi preuve soit d’une mauvaise foi manifeste, soit d’une amnésie rétrograde consécutive au traumatisme qu’a constitué pour lui la réponse de TSATY-MABIALA, ou la colère de SASSOU-NGUESSO face à l’inertie du patron du PCT.

Comme pour l’assassinat de Marien NGOUABI, il fallait désigner un coupable. Cela s’appelle du conspirationisme, qu’Arlette SOUDAN-NONAULT et Pierre NGOLO manient avec la dose de maladresse propre à eux, et nous allons le démontrer.

Mais voyons d’abord les points de perte de mémoire qui caractérisent nos deux rhétoriciens.

Quand en février 2013, Thierry Lézin MOUNGALLA incite à la modification de la Constitution, il dit de façon claire : « aujourd'hui, il est possible que les acteurs politiques réfléchissent à une évolution, à un certain nombre de mécanismes pour renforcer la souplesse de cette constitution » ; il continue « il y a peut-être à proposer aux acteurs politiques, une évolution constitutionnelle ». Mais il ne s’arrête pas là car il poursuit : « maintenant si vous me posez la question, personnellement, moi je dis ceci : on a la chance d'avoir un homme d'état d'expérience considérable, à la fois une expérience des hommes, des choses et du pays et une envergure internationale. Si demain, il fallait trouver la possibilité de dire qu'il continue, moi personnellement, je serai le premier à militer dans ce sens-là ». Ca ne pêche pas par une clarté, à moins qu'Arlette SOUDAN-NONAULT et Pierre NGOLO ne considèrent Thierry Lézin MOUNGALLA comme étant de l'opposition.

Enfin quand en novembre 2013, Pierre NGOLO révèle sans rire que Denis SASSOU-NGUESSO est né en 1953, il ne mesure même pas le ridicule de sa sortie hasardeuse. A moins que  Pierre NGOLO ne soit de l'opposition car dans cette assertion il y a en filigrane l'âge du capitaine.

Quand Justin KOUMBA et Pierre MABIALA se vautrent dans les habits de « sages du Niari » et annoncent urbi et orbi leur OUI à la modification de la constitution et demandent un troisième mandat pour Denis SASSOU-NGUESSO, le peuple congolais est loin d'être dupe. Il comprend la claire volonté du régime SASSOU de changer la Constitution. La campagne de « consultation des sages » à travers tout le pays, constellée de son lot de menaces non voilées (celle de Sibiti étant ouvertement la plus violente), est la suite logique de cette collecte de OUI fictifs.

Amnésique ou sourd, Pierre NGOLO n’a aucun de ces faits en mémoire. Arlette SOUDAN-NONAULT non plus.

Il existe hélas chez l’être humain un mécanisme cognitif qui joue un rôle important : lorsqu’il perçoit une figure illusoire, il l'interprète inconsciemment en fonction de ses expériences antérieures. Figures impossibles et illusions d’optique entrent dans cette catégorie, la rhétorique qu’utilisent les deux membres du commando PCT aussi.

Démonstration /

1 - Arlette SOUDAN-NONAULT et Pierre NGOLO nient la complexité du réel. Ils en proposent une explication simpliste, univoque et mono-causale : « c’est l’opposition qui a commencé le débat ». L’opposition, bien que qualifiée d’irresponsable, aurait donc la capacité, la puissance nécessaire pour contrer la volonté supposée du peuple, selon les canons du PCT et de Monsieur SASSOU.

 

2 - Arlette SOUDAN-NONAULT et Pierre NGOLO établissent sans pouvoir le prouver que les propos de l’opposition sont chargés de violence : dire le contraire de ce que dit SASSOU serait un acte de violence, un crime de lèse-majesté. Corrélation factice qui tend à démontrer qu’il y aurait une réalité camouflée par cette opposition, alors qu’elle agit en pleine lumière, allant jusqu’à accepter un dialogue dont elle sait « qu’il est dangereux de manger avec le diable, même avec une longue cuiller » dixit Kolelas.

 

3 - Arlette SOUDAN-NONAULT et Pierre NGOLO tentent d’éliminer des vérités irréductibles. Ils sont imperméables à toute vérité qui aille à l’encontre de la volonté de SASSOU-NGUESSO de rester au pouvoir ad vitam aeternam. A travers leurs affirmations, on peut entendre : « oui, Le Président de la République est certes élu pour sept ans au suffrage universel direct, mais il est contestable qu’il ne soit rééligible qu’une fois comme le stipule l’article 57 de la Constitution du 20 janvier 2002 » ; « non, contrairement à l’article 58 de cette même Constitution, on devrait pouvoir être candidat aux fonctions de Président de la République si l’on est âgé de moins de quarante ans ou de plus de soixante-dix ans à la date du dépôt de sa candidature » ; « L’article 185 est fort regrettable car il précise que le nombre de mandats du Président de la République ne puisse faire l’objet de révision ». Tout cela nous souffle aux oreilles quand nous écoutons Arlette SOUDAN-NONAULT et Pierre NGOLO. Mais ils n’ont rien demandé : la position du PCT « sera connue ultérieurement » ! Qu’à cela ne tienne, ne maîtrisant pas leur discours, les deux reconnaissent que leur position est connue et ils viennent de la divulguer sans le vouloir. Pas besoin d’être premier de classe pour trouver le grossier mensonge.

 

4 - Arlette SOUDAN-NONAULT et Pierre NGOLO veulent replacer dans la tête de ceux qui les écoutent la peur de la guerre, en murmurant sournoisement le mythe d’une opposition belliqueuse, prête à prendre les armes. Curieux, venant de ceux qui ont provoqué la déstabilisation du pays en 1997, qui ont acheté une quantité d’armes injustifiable pour un pays qui se dit en paix, et qui réveillent les milices COBRA et COCOYE. La paix des armes serait-elle une vraie paix ? Si le départ de SASSOU signifie retour à la guerre, alors acceptons-le : la volonté guerrière est dans son camp !

 

5 - Arlette SOUDAN-NONAULT et Pierre NGOLO surchauffent leurs neurones pour  appuyer les affirmations et les menaces de SASSOU-NGUESSO. L’évocation de la violence dévoile les intentions de leur chef. Le moindre meeting de l’opposition est perçu et présenté comme le commencement de la chute de Denis SASSOU-NGUESSO. Tous les faits sont des signes qui peuvent dévoiler le vaste complot ourdi contre l’actuel Président de la République. La paranoïa est à son comble et plus rien n’est pris comme il apparaît.

 

Comédie ou tragédie ? Les morts des différentes guerres initiées par Denis SASSOU-NGUESSO et la misère dans laquelle il a plongé les congolais malgré un taux de croissance musclé mais inopérant, sont les indices à prendre en compte. Et l’échec du lobbying washingtonien renforce les risques de  d’éclosion de cette démarche anticonstitutionnelle assumée.

 

 

 

Mahouèle ma Makita et Mbama-Ngankoua.