C'est un cuisant échec diplomatique et de politique intérieure que vient de subir Denis Sassou-Nguesso aux Etats-Unis d'Amérique.


Ayant laissé se développer dans le pays une sorte de gangrène que d'aucuns ont vite fait de qualifier de « débat sur la révision de la constitution du 20 janvier 2002 », Denis Sassou-Nguesso a cru bon de sonder la profondeur de l'eau en lançant un coup de bluff comme il en a l'habitude. C'est en effet depuis Washington qu'il a enfin exposé son intention de changer de constitution, allant jusqu'à se comparer à Angela Merkel et à Jean-Claude Junker, comparant ainsi implicitement la constitution et la démocratie congolaise à celles de l'Allemagne et du Luxembourg.

 

En fin de règne dans son pays et ne trouvant pas de justification légale à son invention, le recours aux sages, il cherche désormais un soutien international. Le voyage et le cachet exorbitant offerts à Nicolas Sarkozy s'inscrivent dans cette nouvelle stratégie.

Croyant que sa bravade et son lobbying à Washington paieraient, c'est un Sassou souriant et parlant lingala avec l'ambassadrice des Etats-Unis au Congo que l'on a vu sortir de l 'avion. Aux anges, le président congolais ! C'était sans compter sur certaine subtilité de la diplomatie américaine, qui établit un distingo entre les chefs d'Etats qui font preuve de bonne gouvernance et les autres qui sont ou des tripatouilleurs de Constitution ou des prédateurs, à moins que ce ne soit les deux à la fois, Sassou étant de ces derniers.

La conférence du vendredi 1er août 2014 devant près de 400 « personnalités américaines », au National Press Center a tourné au monologue. Ce que l'on y a le plus remarqué, c'est l'absence des ténors de la presse américaine comme le Washington Post ou les grandes chaînes de télévision. Un lobbying de grillon parfaitement orchestré devait camoufler son passage dans le pays de l'Oncle Sam, et surtout, il ne devait être dérangé par aucune question !

En effet, la position du plus puissant pays du monde est claire sur les modifications constitutionnelles dont tout le monde sait que leur seul objectif est de permettre à des chefs d’Etat de se scotcher au fauteuil présidentiel. Barack Obama, devant de jeunes cadres africains, avait prôné l’utilité du sang neuf en ces termes : "Quand un homme ou une femme reste trop longtemps au pouvoir, il ou elle agit surtout pour durer et non pour le bien du pays."  Nous n'avons pas entendu la réplique de Denis Sassou Nguesso à cette sentence.

Fin de non recevoir donc à son projet de changement de la constitution : les Etats-Unis ne soutiendront pas.

Mais comme notre homme tient à son mandat supplémentaire, présentant cet échec il a déjà lancé, avant le départ pour Washington, le réveil des milices. Pierre Mabiala missionné auprès des ex-cocoyes et le colonel Serge Oboa auprès de ex-cobras, la tambouille est en cours pour créer un grand désordre dans le pays : les conditions d'un changement de constitution seront alors réunies.

 

Didier Mahouèle ma Makita.

 Président de la Coordination U.PA.D.S EUROPE-AMERIQUES