L'accord de Brazzaville n'était le début de rien, et les faits nous le prouvent.

31 juillet : des anti-balaka attaquent un camp de la SELEKA à Batangafo, à 300 km au nord de Bangui.

1er août : les affrontements se poursuivent à Batangafo. Le bilan des deux jours de combats est lourd : au moins 22 morts.

1er août : Sept membres de la Garde Civile espagnole, servant à Bangui dans le cadre de l'EUFOR-RCA sont attaqués à la grenade et à la kalachnikov alors qu'ils patrouillaient dans le dangereux secteur du PK 3.

4 août : Noureddine Adam, 1er vice-président de l'ex-SELEKA, écarte Mohamed Moussa Dhaffane de la direction de l'ex-rébellion et suspend la participation de la SELEKA à l'accord de cessez-le-feu signé le 23 juillet à Brazzaville.

5 août : démission du premier ministre centrafricain, André Nzapayéké, à la demande de la Présidente de transition Catherine Samba-Panza.

5 août : reprise des combats à Bafantago, impliquant cette fois-ci les éléments français de la force SANGARIS et ceux de la MISCA venus patrouiller dans la zone afin d'en expulser les SELEKA. Plus de 60 morts à ce jous.

L'accord de Brazzaville a volé en éclats et les violences sont reparties de plus belle. L'impréparation que nous dénoncions a fait du forum de Brazzaville un simple divertissement qui n'a amené aucune avancée, à tel point que les meurtres de part et d'autre ont repris dès le lendemain de la signature. Que pouvait-on attendre de mieux, quand les véritables décideurs n'ont pas été associés ? Quelques millions de francs CFA distribués à des sous-fifres ne font pas une négociation et à travers les nouveaux affrontements, messieurs Sassou et Ikouébé reçoivent une leçon pratique de diplomatie.

 

Didier Mahouèle ma Makita

Président de la Coordination U.PA.D.S EUROPE-AMERIQUES