Nous le redoutions et le pas en arrière de la SELEKA des 21 et 22 juillet le laissait présager : le forum de Brazzaville était condamné à l'échec et dans tous les cas, ne pouvait aboutir à une solution viable et satisfaisante.

L'humiliation infligée à Malabo à Madame Catherine Samba-Panza, Présidente de transition de la République Centrafricaine, précédée elle-même par le renversement peu glorieux de Michel Am-Nondokro Djotodia, est certainement la clé de lecture des négociations de Brazzaville, menées au forceps des pétro-cfa par le négociateur international pour le crise centrafricaine, le congolais Denis Sassou-Nguesso.

En effet, les dossiers de ces négociations, présentés par  Madame Catherine Samba-Panza, mais élaboré dans le cabinet des affaires étrangères de la République du Congo, n'ont pas été étudiés par les parties en présence et les acteurs majeurs de la vie en Centrafrique, ce qui explique la déclaration commune des partis et associations politiques et la plate-forme des confessions religieuses de Centrafrique du 9 juillet 2014.

Personne n'était donc surpris du retranchement de la SELEKA derrière un désir affiché de partition du pays, porté comme préalable à toute négociation, et à l'absence de cette formation le mardi 22 juillet. Barricadés dans leur hôtel, les membres de la SELEKA ont invoqué l'absence de certains éléments de leur délégation. Qu'à cela ne tienne, le négociateur a usé fort pétro-cfa pour faire venir ces retardataires, mais aussi pour convaincre chaque membre de cette délégation, ce qui a poussé les autres parties à réclamer « leur part ».

Le pétro-cfa devenait donc, ô pléonasme, la monnaie d'échange pour un accord, fût-il à minima.

Et c'est ainsi que dans un marathon-cafouillis qui a occupé l'après-midi du mercredi 23 juillet 2014, a été signé un « accord de cessation des hostilités », sans la présence ni l'avis des états-majors des forces SELEKA.

Conformément au désir de la SELEKA, la voix de  Madame Catherine Samba-Panza n'a pas été entendue. Non influente auprès des ANTI-BALAKA qui sont une milice hétéroclite sans véritable commandement unique, la Présidente de transition, bien qu'adoubée en son ancienne qualité de Maire de la capitale Bangui par la SELEKA, n'a aucune influence auprès de cette rébellion qui réclame d'ailleurs sa destitution.

Avec une Présidente de transition humiliée par les chefs d'états de la sous-région et de plus en plus affaiblie à l'intérieur du pays, les belligérants détenant toujours leurs armes et donc leur capacité de nuisance, l'absence d'un accord de désarmement genre DDR (Désarmement, Démobilisation et Réintégration) met à mal le fragile résultat des négociations de Brazzaville. Même le négociateur international, le Président du Congo Denis Sassou-Nguesso, ne sort pas grandi de cet accord au forceps qui semble d'ores et déjà avor vocation à être violé.

Didier Mahouèle ma Makita.
25 juillet 2014.