Avant de délivrer le message de l'U.PA.D.S, Union PanAfricaine pour la Démocratie Sociale, je veux exprimer devant ces Assises la colère qui m'étreint sur des sujets d'actualité.

Qu'est-ce que ce recensement où l'on constate, sur la base de données très officielles approuvées le Ministre d’Etat, Ministre du Plan et de l’Aménagement du Territoire.
Pierre MOUSSA, l'annuaire statistique du Congo 2003–2007, qu'un département fait un bond démographique de +58 % tandis qu'un autre connaît un recul démographique de 36 %, et ceci en seulement 6 ans ?

Qu'est-ce que cette mauvaise plaisanterie qui amène à vider la capitale Brazzaville, de 10 % de sa population, représentant 80 % de sa main d'oeuvre, entraînant une forte flambée des prix ?

Qu'est-ce que ce pays où un rebelle de la RDC, prétendument en détention, est abattu à Obouya, après un violent clash avec la police à Owando ?

Qu'est-ce que ce pays où un universitaire, professeur de droit constitutionnel, recommande de préter désormais les serments sur le Ndzobi .

Monsieur le Président des Assises Nationales du Congo pour l'Alternance Démocratique,
Monsieur le Président d'honneur,
Chers compatriotes, Mesdames, Messieurs,

Permettez-moi en ce lendemain du jour anniversaire du débarquement de Normandie qui a permis d'arrêter les obscurs projets d'une dictature de dimension mondiale, de m'incliner profondément sur les tombes de tous ceux qui ont sacrifié leurs vies parce qu'ils nous voulaient libres.

Aux morts de l'odieux coup d'état du 5 juin 1997, parmi lesquels figurent les disparus du Beach, victimes d'une barbarie dont l'horreur doit rester une référence dans la mémoire de toutes les congolaises et de tous les congolais, salut et honneur : que nos actions d'aujourd'hui et de demain prouvent que vous n'êtes pas morts pour rien. La valeur de votre sang versé doit rappeler la nécessité d'une cohésion nationale fondée sur des principes solides et générateurs de l'unité, du travail et du progrès que proclament notre devise, dans la paix, la liberté et l'égalité de tous.

Quand après une « transition » de cinq ans,  le pouvoir putschiste entreprit en 2002 la rédaction d’une nouvelle Constitution supposée mettre notre pays le Congo à l’abri des soubresauts politiques violents dont il est si souvent l’objet, les partisans de ce nouveau pouvoir illégal, avec à leur tête monsieur Sassou Nguesso lui-même, utilisaient force  arguments pour la présenter comme la quintessence du texte fondamental moderne, comportant les verrous infranchissables tels que la limitation des mandats à deux ainsi que le seuil des 70 ans pour tout candidat à la présidence.

Or, ayant dépassé l’âge limite et réalisant qu’il termine son dernier mandat, monsieur Sassou Nguesso avance, masqué et fielleux comme à son habitude, en lançant sournoisement un débat sur la modification de cette Constitution naguère présentée comme inattaquable, voire la rédaction d’une nouvelle Constitution.

La position de l'Union Panafricaine pour la Démocratie Sociale est claire. Le Congrès Unitaire Extraordinaire de juin 2013 a consacré l'ancrage de l'U.PA.D.S à l'opposition et a recommandé tout aussi clairement d'appuyer les initiatives pour préparer l'alternance politique, de s'engager dans un combat dont le but est de créer un rapport de force en faveur des idées trouvant leur fondement dans le Peuple congolais, des idées de progrès concourant à  l'amélioration de la vie des populations c'est-à-dire du plus grand nombre. L'U.PA.D.S est et doit toujours être du côté du Peuple dans son combat.

Monsieur le Président des Assises Nationales du Congo pour l'Alternance Démocratique,
Monsieur le Président d'honneur,
Chers compatriotes, Mesdames, Messieurs,

Plongé dans le tourbillon des affaires, et ses menaces ne produisant aucun effet sur la justice internationale, les suppôts de monsieur Sassou Nguesso n'ont pas trouvé mieux que d'inventer une formule ignoble : « touche pas à mon président ». La réponse de l'U.PA.D.S, vous la connaissez et elle est non seulement affirmée à toute occasion, mais affichée en grandes lettres bleues sur fond blanc dans toutes nos manifestations : « TOUCHE PAS À MA CONSTITITION ». Nous l'avons appuyé lors des sessions inaugurales du Bureau Politique et du Conseil National tenues à Dolisie en décembre 2013. Le premier secrétaire de l’U.PA.D.S, Pascal Tsaty-Mabiala, l'a réaffirmé a l’occasion de la cérémonie de presentation des vœux a la presse le 18 janvier 2014. Interrogé par RFI 29 avril 2014, Pascal Tsaty Mabiala a déclaré que l’opposition s’oppose à toute modification de la Constitution. Plus récemment et toujours dans les mémoires, les femmes de l'U.PA.D.S, réunies en Assemblée Générale le 1er juin 2014 ont encore proclamé je les cite  : « Les femmes de l’U.PA.D.S dénoncent avec véhémence l’organisation des mises en scène à travers le pays, en instrumentalisant des franges minoritaires de la population aux fins de justifier un probable changement de la Constitution du 20 janvier 2002. Cette pratique d’un autre âge consiste à simuler la pénurie des esprits évolués dans un pays qui regorge pourtant de nombreuses intelligences susceptibles d’assumer la continuité de l’Etat au terme de l'élection présidentielle de 2016 ». « l’organisation féminine de l’U.PA.D.S monte au créneau pour soutenir le point de vue de la Direction politique nationale du parti sur la non révision ou le non changement de la Constitution du 20 janvier 2002. Le Congo n’a que trop souffert des coups d’Etat constitutionnels ». Fin de citation.

L'agitation perceptible de monsieur Sassou Nguesso et les menaces de violences qu'il ne cache plus, visent une révision illégale ou un changement  qui le consacrerait Président à vie du Congo afin qu’il continue de piller les ressources nationales dont les retombées financières profitent en premier lieu à sa famille et aux étrangers, paupérisant les Congolais. Il n'est un secret pour personne que les richesses du Congo sont pillées au détriment du peuple congolais abandonné, et au bénéfice des exogènes à qui tout échoit.

L’heure a sonné pour dire à monsieur Sassou  Nguesso et au PCT  que le Congo est un train dont la locomotive est en panne. Il nous faut un autre conducteur qui aura à cœur les problèmes du peuple, et notre Constitution prévoit les conditions de cette alternance.

IL NOUS FAUT HIC ET NUNC LE RETABLISSEMENT DE LA DIGNITE REPUBLICAINE ET L'ACCES A UNE ALTERNANCE SANS EFFUSION DE SANG. Le Congo agonise tel un igname sous les charbons ardents. Le pays court un danger grave si cette gestion clientéliste et clanique perdurait.

Permettez-moi pour conclure, et exprimer mes encouragements et ceux de l'U.PA.D.S aux travaux ouverts ce matin, de vous rappeler la conjecture du  scientifique et météorologue américain Edward Norton Lorenz, que l’on a coutume de nommer aujourd’hui « l’effet papillon » et qui se résume en une phrase qu'il a posée en entamant une conférence en 1972 avec cette phrase : « le battement d’aile d’un papillon au Brésil peut-il déclencher une tornade au Texas ?».

Je souhaite que les Assises Nationales du Congo pour l'Alternance Démocratique soient ce fragile battement d'aile qui déclenche un tsunami institutionnel au Congo.

Franc succès aux  Assises Nationales du Congo pour l'Alternance Démocratique
Puissent nos cris de révolte trouver écho dans le pays profond.
Vive le Congo, vive la République du Congo, vive la constitution du 20 janvier 2002.

Paris, le 7 juin 2014.

Didier Mahouèle ma Makita,
Président de la Coordination Europe-Amériques de l'U.PA.D.S