Liberté * Solidarité * Progrès
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UNION PANAFRICAINE POUR
   LA DEMOCRATIE SOCIALE

 

 

 

 

 


DECLARATION DES FEMMES DE L’U.PA.D.S
A L’OCCASION DE L’ASSEMBLEE GENERALE

DU DIMANCHE 1er JUIN 2014
A L’HOTEL DE LA PREFECTURE DE BRAZZAVILLE

 

 

  

Camarade Premier Secrétaire de l’U.PA.D.S,
Camarade Président de la Commission de suivi et d’évaluation,
Cadres, militants et sympathisants de l’U.PA.D.S en vos rangs et prérogatives,
Chers invités,

En prenant la parole du haut de cette tribune en ce jour dominical inaugurant le mois de juin 2014, vous me permettrez avant tout de rappeler que ce mois est chargé de symbole par son caractère innovant et imprévisible sur le plan politique. En effet, non seulement il a été témoin de l’émergence du rêve de démocratie dans notre pays, au soir de la Conférence nationale souveraine de 1991, mais aussi parce qu’il a encore été témoin de la mise en quarantaine de cette jeune démocratie en 1997, au terme du renversement du régime constitutionnel de 1992 par la voie des armes.

Lorsque, le 20 janvier 2002, les Congolais adoptèrent par voie référendaire la Constitution  actuelle, ils caressaient le rêve de voir enfin la stabilité s’instaurer dans notre pays, après plusieurs décennies d’instabilité institutionnelle. Faut-il rappeler qu’en 54 ans d’indépendance, le Congo a connu treize textes fondamentaux, soit six Constitutions exprimant la volonté populaire à travers des suffrages universels directs, et sept Actes fondamentaux émanant de la volonté des groupes minoritaires et putschistes ! Ces treize textes fondamentaux, il faut également le rappeler, ont alimenté l’arsenal juridique de notre pays sous cinq républiques et six Chefs d’Etat.

Nous sommes bel et bien dans la cinquième République, celle régie par la Constitution du 20 janvier 2002, qui a permis d’instaurer enfin un climat de paix et de stabilité, favorable à la réalisation des projets socio-économiques au Congo, dans un contexte économique et financier plus que favorable. En témoigne la réalisation d’importantes infrastructures routières, aéroportuaires et mobilières à Brazzaville et dans l’hinterland. En tous cas, aucune disposition constitutionnelle n’a entravé jusque-là  le processus de modernisation du pays. Tout au plus, ce qu’il faut regretter, c’est la non application de certaines dispositions constitutionnelles qui aideraient à freiner l’enrichissement illicite des dirigeants et à consolider les mécanismes de contrôle de l’action publique pourtant prévus par cette même Constitution.

Chers camarades,
Chers invités,

Comme vous le percevez, l’assemblée générale des femmes de l’U.PA.D.S se tient dans un contexte caractérisé par la montée de l’exigence démocratique. Des voix s’élèvent à travers le monde pour exiger plus de démocratie aux gouvernants ! La soif de liberté consacrée par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme est vivement ressentie par les citoyens. Tout autant,  des discours controversés surgissent sur le changement ou non de la Constitution du 20 janvier 2002. Ce débat inopportun lancé sur les média par les partisans de la politique du ventre, n’honore pas notre pays et révèle la fragilité morale de nos hommes politiques tentés de confondre les principes de gestion de la République avec ceux de la Royauté. 

C’est donc pour briser son silence assourdissant sur cette question et sur bien d’autres encore, que l’organisation féminine de l’U.PA.D.S monte au créneau pour soutenir le point de vue de la Direction politique nationale du parti sur la non révision ou le non changement de la Constitution du 20 janvier 2002. Le Congo n’a que trop souffert des coups d’Etat constitutionnels.

Les femmes de l’U.PA.D.S dénoncent avec véhémence l’organisation des mises en scène à travers le pays, en instrumentalisant des franges minoritaires de la population aux fins de justifier un probable changement de la Constitution du 20 janvier 2002. Cette pratique d’un autre âge consiste à simuler la pénurie des esprits évolués dans un pays qui regorge pourtant de nombreuses intelligences susceptibles d’assumer la continuité de l’Etat au terme de l'élection présidentielle de 2016.

 


Camarade Premier Secrétaire,

L’organisation politique des femmes dans le monde moderne montre la part de plus en plus grande que les femmes doivent occuper au sein des structures d’Etat, des organisations internationales et non gouvernementales. Notre pays marque un retard certain à cet égard. La sous représentation de la femme dans les institutions électives et nominatives est nettement perceptible.

Au moment où l’Etat crée les conditions de mise en œuvre de la parité dans la sphère de décision, nous, femmes de l’U.PA.D.S, avons pris l’engagement de participer pleinement à la lutte politique. C’est ainsi qu’après la mise sur pied du Bureau provisoire national des femmes de l’U.PA.D.S par un Acte du Secrétariat National, nous avons procédé à la restructuration de l’organisation des femmes de l’U.PA.D.S à Brazzaville : quatorze (14) fédérations et dix huit (18) sections ont été installées depuis le mois de février 2014. Cette opération se poursuit jusqu’à la mise en place des sous-sections et des cellules.

L’occasion nous est également propice de lancer un vibrant appel au réveil politique des femmes qui hésitent encore à rejoindre les rangs de l’U.PA.D.S ou à s’engager résolument dans le combat pour l’émergence de la mère du monde. Il est, en effet, temps de se soustraire à la passivité, à l’attitude qui consiste à croire que la politique est un domaine réservé exclusivement aux hommes. Le temps est à jamais révolu où la femme s’éloignait volontairement de la sphère de décision, si elle n’en était pas simplement exclue, pour se contenter de jouer les seconds rôles.

Aux femmes irrésolues, nous voulons rappeler qu’elles ne jouiront pleinement de leurs droits consacrés par le principe de parité, qu’au fruit de leur activisme aux côtés des hommes. C’est donc ensemble que nous devons lutter pour faire bouger les lignes dans un environnement politique qui se structure.

Conscientes des enjeux des prochaines échéances électorales, et compte tenu des dispositions prises après la concertation politique de Dolisie, les femmes de l’U.PA.D.S s’alignent derrière la position officielle  du parti  sur le recensement administratif spécial, la réforme de la Commission électorale indépendante et du Comité de suivi, la révision de la loi électorale, le plafonnement du financement des campagnes électorales et le relèvement du financement des partis politiques.

A cet effet, nous exhortons les partis politiques concernés par le débat sur ces questions, à privilégier le consensus dans la prise de décision, au terme d’une concertation sincère. Nous exhortons également le principal parti au pouvoir, le PCT,  à faire preuve de responsabilité et à éviter ce qui apparaît comme de la diversion qui consiste à organiser des séances de concertation avec les partenaires tout en laissant à son  Gouvernement la liberté de faire le contraire.

Nous en appelons donc au respect des conclusions de la Concertation politique de Dolisie, pour garantir la crédibilité des résultats des prochaines élections locales. De même, nous invitons très respectueusement le Président de la République au respect de son serment constitutionnel et de sa parole donnée afin de garantir l’alternance démocratique dans notre pays en 2016. Le passage en force ne ferait que légitimer la thèse du coup d’Etat permanent et placerait le Congo dans le camp des pays voyous.

Puisse la voix des femmes retentir comme une cloche dans les oreilles du Président de la République, plus que jamais placé devant sa conscience.

U.PA.D.S, ya ba colère vé !

Je vous remercie !
 

Fait à Brazzaville, le 1er juin 2014

La Coordination des femmes de l’U.PA.D.S
de la Commune de Brazzaville