Dans sa volonté de conserver le pouvoir au-delà de ce que prévoit la constitution du 20 janvier 2002 qu'il a pourtant taillée selon ses propres prétentions, Denis SASSOU NGUESSO ajoute un fait au viol non seulement de ce texte fondamental, mais aussi du Peuple congolais tout entier.
La bouée trouée lancée avec la déclaration de Thierry MOUNGALA a fait long feu, les résistances à la modification de la constitution se faisant entendre jusque dans son propre cercle.
La découverte miraculeuse par le secrétaire général du PCT de son " vrai " acte de naissance a tout de suite tourné au ridicule, personne ne pouvant croire qu'il soit entré dans une école d'officiers de réserve, en France, à l'âge de treize ans après avoir fait des études d'instituteur et une première formation militaire en Algérie.
Quand le truculent Rigobert OSSEBI (nom d'emprunt ?), très au fait des projets de Denis SASSOU NGUESSO révèle que la nouvelle stratégie consiste à se faire propulser par les sages des différentes régions du Congo pour enfin trouver une légitimité qui lui permette de modifier la constitution, l'incrédulité et la stupéfaction l'emportent dans la mesure où les sages ne forment pas une institution ayant capacité à agir dans le sens que veut imposer le maître de Mpila. Pourtant . . .
. . . Pourtant le 24 mars 2014 à 19 heures, Les Dépêches de Brazzaville publient un texte qui n'a que le ridicule (encore) pour trouver une justification. On peut lire : " sous couvert des autorités et autres cadres de ce département, les sages du Niari ont exhorté sans tergiverser le président de la République, Denis SASSOU NGUESSO, à procéder à la révision de la constitution pour lui permettre de se positionner comme candidat en 2016 ".

On est censé applaudir et répéter après ces " sages " : amen la messe est dite. La sortie peut être jugée audacieuse, mais elle est surtout téméraire et extravagante, tant l'usurpation ne trompe personne. Pour qui observe la vie de cette région où est né le Président Pascal LISSOUBA, attribuer le qualificatif de sage à Justin KOUMBA, Pierre MABIALA et Pierre-Michel NGUIMBI relève autant de l'abus que de l'imposture. Le Niari comme tous les départements congolais peut être fier d'avoir porté au monde des personnalités raisonnables et intelligentes, capables de réflexion, qui ne font preuve d'aucune sorte d'agitation et dont la pensée, indépendante, ne se contente pas de prises de position hâtives ou tronquées, des femmes et des hommes avertis, ayant la maîtrise des règles du vivre ensemble global de la nation congolaise.

Que SASSOU NGUESSO s'égare en voulant nous embarquer dans une histoire de sages désignés par lui-même, cela nous choque mais là n'est pas le problème fondamental. Il nous est facile d'oublier Justin KOUMBA, Pierre MABIALA et Pierre-Michel NGUIMBI. Des renards vantant la beauté, le plumage et le ramage d'un corbeau dans l'espoir de voir tomber un fromage, cela est courant ; un fol criant par tous les carrefours qu'il vend la sagesse, les mortels crédules courant à l'achat et faisant diligence sont légion. Mais le problème fondamental est celui de l'intangibilité de certains articles de la constitution du 20 janvier 2002.

Par la voix de son Premier Secrétaire, l'U.PA.D.S a repoussé toute manipulation à cet effet : ni révision, ni changement de la Constitution. " L'U.PA.D.S s'insurge donc contre les manœuvres tendant à faire passer pour une demande populaire l'ambition de quelques dignitaires du pouvoir, de demeurer aux affaires ad vitam aeternam. Le Congo a besoin d'enrichir son expérience démocratique par l'alternance politique, conformément aux recommandations de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance. Au terme de l'article 23, alinéa 5 de cette Charte, je cite " Tout amendement ou toute révision des Constitutions ou des instruments juridiques qui porte atteinte aux principes de l'alternance démocratique " expose les auteurs à des poursuites devant la juridiction compétente de l'Union Africaine. (Fin de citation)
L'U.PA.D.S réaffirme sa position de ni révision, ni changement de la Constitution. Toute tentative de sa révision ou de son changement s'apparentera à un coup d'Etat, comme celui de 1997 ".
Barrer la route à toute modification constitutionnelle injustifiée,   tel est l'appel lancé à tout démocrate dans ce pays. Rappelons donc les dispositions constitutionnelles qui fondent la position de l'U.PA.D.S, de ses alliés et de la grande majorité du Peuple congolais.

Il est stipulé dans le texte de la constitution ce qui suit.
Dans le préambule :
Nous, Peuple Congolais,
Proclamons notre ferme volonté de bâtir un Etat de droit et une Nation fraternelle et solidaire ;
Condamnons le coup d'Etat, l'exercice tyrannique du pouvoir et l'usage de la violence politique sous toutes ses formes, comme moyens d'accession au pouvoir ou de sa conservation ;

A l'article 57 :
Le Président de la République est élu pour sept ans au suffrage universel direct. Il est rééligible une fois.

A l'article 58
Nul ne peut être candidat aux fonctions de Président de la République :
- s'il n'est de nationalité congolaise d'origine;
[. . .]
- s'il n'est âgé de quarante ans, au moins, et de soixante-dix ans, au plus, à la date du dépôt de sa candidature ;
[. . .]

Et à l'article 185 :
[. . .]
La forme républicaine, le caractère laïc de l'Etat, le nombre de mandats du Président de la République ainsi que
les droits énoncés aux titres I et II ne peuvent faire l'objet de révision.

En vertu de quoi

- Nous déplorons le fait que Denis SASSOU NGUESSO ait un tel dédain des institutions qu'il est en charge de protéger, notamment la constitution de la république, préférant à ses devoirs, d'horribles montages obscurs et inciviques ;
- Nous condamnons l'insulte faite aux institutions et la recherche de solutions personnelles là où la concertation nationale peut apporter paix et sérénité ;
- Nous interpellons le pouvoir en place à Brazzaville et plus particulièrement le président de la république, monsieur Denis SASSOU NGUESSO, afin de le rassurer sur la garantie de sa sécurité après son mandat : que la peur le quitte ;
- Nous invitons le pouvoir de Mpila à considérer que les fondements de la république ne peuvent être bafoués pour des intérêts égoïstes ;
- Nous attirons l'attention du peuple congolais, de l'opinion nationale et internationale, sur le fait que les tentatives de contournement par le pouvoir de Brazzaville des procédures établies est assimilable à un coup d'état ;
- Nous témoignons notre soutien indéfectible au vaillant peuple congolais et lui rappelons son devoir de vigilance sur ce qui constitue le fondement de son existence et de son développement ;
- Nous réitérons le vœu de voir la vie politique reprendre son cours normal dans notre pays le Congo, sans qu'il faille indûment introduire des biais qui le dénaturent et l'avilissent ;
- Nous renouvelons l'appel bénéfique à la concertation politique et au respect des avancées de cette concertation dans notre pays.

Didier Mahouèle ma Makita.

Président de la Coordination U.PA.D.S EUROPE-AMERIQUES