Du jamais vu au pays des hommes intègres. De gigantesques manifestations ont eu lieu le 18 Janvier 2014 dans toutes les grandes villes du pays, drainant de milliers de participants dont environ 200 mille dans la seule capitale Ouagadougou, contre le projet de création du Sénat, et la possible révision de la constitution, dont le but serait la suppression de l’article 37, verrou de la limitation du nombre de mandats présidentiel.

Les Burkinabés se sont montrés très déterminés à faire entendre – à leur gouvernement – leur opposition à cette velléité de maintient ou de confiscation du pouvoir par des méthodes qui relèvent d’un Sophisme désuet. C’est pourquoi, ils ont crié très haut et très fort, dans les rues de la capitale : Non à la modification de la constitution. Cependant, ils sont aussi d’accord sur un point : si d’aventure modification il doit y avoir, elle doit intervenir après les élections. C’est-à-dire, au début de la prochaine mandature.

Ces manifestations qui ont pris des allures de contagion du printemps arabe ont semé assez de troubles au sein de la classe politique au pouvoir que, le Président de la république Burkinabé Blaise CAMPAORE n’a pas osé se rendre à Addis-Abeba en Ethiopie, pour le 22e sommet de l’Union africaine (l’U.A) du 30 Janvier dernier.

Pour désamorcer cette crise, le gouvernement Burkinabé a mis en place un « comité de sage pour la réconciliation », ce qui confirme qu’il ya une crise profonde au sein de la classe politique, c’est-à-dire entre la majorité et l’opposition et, la société civile. S’agit-il du printemps arabe qui y arrive trois après son déclenchement en Tunisie ou d’un soulèvement populaire issu des bouleversements de la politique nationale et/ou de la géopolitique internationale ? La suite des évènements nous le dira.

 

Joseph MABIALA BOUANGA

Secrétaire chargé des média et de la communication