« Touche pas à ma constitution », pouvait-on lire sur la banderole tendue derrière le Premier Secrétaire Pascal Tsaty-Mabiala, lors de la cérémonie de présentation des vœux à la presse, le 18 janvier 2014 à l’Hôtel Saphyr, de Brazzaville.

Le ton est donné et ce moment convivial va se transformer en une véritable conférence de presse. Mais il a d'abord fallu situer les choses dans leur champ par une introduction claire et sans ambigüité.

«Informer, former, éduquer, telles sont les principales missions de votre beau métier, toutes aussi importantes les unes que les autres et qui participent de manière décisive à la formation de l’opinion publique. Par la puissance des médias, la presse a été élevée au rang de quatrième pouvoir. Depuis, elle s’impose comme telle dans toutes les sociétés démocratiques. Il reste, après cette consécration, que vous affirmiez votre indépendance et ne cédiez une seule once de ce pouvoir qui vous est conféré. De même que vous ne soyez pas gagnés par l’esprit partisan et avilissant.

A ce sujet et à cette occasion, laissez-moi vous dire notre déception à l’endroit de certains de vos confrères. Peut-être mal informés ou manipulés, ils reprennent dans les colonnes de leurs journaux, toutes les contre-vérités et toutes les avanies déversées sur l’U.PA.D.S du fait de son bilan de pouvoir, considéré à tort de désastreux.

Après une éclipse, sous couvert d’une fausse réconciliation, ces organes de presse proches du PCT ou simplement du PCT, diffusent depuis quelques temps, des énormités qui n’ont d’égal que la mauvaise foi ou la volonté de nuire. Volonté de nuire à la respectabilité retrouvée de notre Parti dont la marche lente, mais inexorable vers le pouvoir, ne laisse plus de place au doute.

Qu’il s’agisse de notre bilan économique et social à la date de déclenchement de la guerre du 5 Juin 1997, ou des responsabilités dans les crises récurrentes que le pays a connues entre 1992 et 1997, qui en constituent le point d’orgue, ou encore de la mauvaise  lecture des réflexions de Pascal LISSOUBA, notamment celle portant sur les rapports entre le pouvoir et l’ethnie du tenant du pouvoir, l’U.PA.D.S apportera sous peu, un éclairage sous la forme d’une réponse politique et intellectuelle appropriée.

En attendant et à chaud, nous exprimons bien entendu notre indignation et lançons d’ores et déjà le débat sur ces incongruités.

Comment, en effet, accuser Pascal Lissouba de dictateur et son Parti de sectaire, lui qui appelait sans cesse à l’institution d’une démocratie consensuelle et participative, avec en toile de fond le partage du pouvoir pendant la période de transition systémique ? En retour, le PCT qui  n’avait d’autre moyen de revenir au pouvoir que la force, y répondait par le mépris et l’arrogance.

Comment prêter l’intention à Pascal LISSOUBA de refuser d’organiser l’élection présidentielle d’août 1997, alors que les conditions de celle-ci étaient en train d’être réunies avec, pour la première fois au Congo, l’organisation d’un recensement administratif spécial achevé trois mois avant le scrutin ?

Comment le rendre seul responsable des violences que le pays a connues alors qu’il en était la victime et alors que la culpabilité des leaders de l’opposition d’hier était irréfutablement prouvée ? 

Comment, enfin, l’accuser de tribaliste, lui qui, dans sa thèse de tribu-classe, mal comprise ou simplement travestie, s’insurgeait contre l’appropriation du pouvoir par la tribu du Président, et lui qui n’a nommé au gouvernement pendant tout son mandat qu’un seul membre de sa tribu et au poste le moins prisé ?».

Puis, suit un rappel de la situation internationale qui commence par un vibrant hommage à Nelson MANDELA.

«L’année 2013 qui vient de s’achever a été marquée au plan international par la disparition tragique d’un illustre homme de notre temps, sans égal jusqu’aujourd’hui, un homme qui a mis son talent au service de l’amour désintéressé et de la liberté, de la lutte contre l’oppression et le néo-colonialisme. Les membres du Conseil National et du Bureau Politique de l’U.PA.D.S, alors réunis en sessions inaugurales à Dolisie du 7 au 9 décembre 2013 se sont associés à tous les démocrates du monde entier, pour rendre un vibrant hommage à Nelson MANDELA. L’humanité se souviendra encore de MADIBA, cet homme d’Etat Sud-Africain de race noire, appelé à Dieu le 5 décembre dernier à son domicile de Johannesburg à l’âge de 95 ans, qui s’est investi au service des autres, pour construire un Etat solidaire, fondé sur des valeurs démocratiques, et où l’alternance politique n’est plus une simple vue de l’esprit. Puisse le Bon Dieu porter son âme à la félicité des Esprits Supérieurs qui ont jalonné l’histoire de l’Humanité de leurs œuvres bienfaisantes.

Il a ensuite évoqué les crises qui secouent l'Afrique, du Mali au Sud Soudan, du Burkina Faso à la RDC en passant par la RCA. Au total a-t-il dit, toutes ces crises donnent la preuve de la fragilité des institutions de nos pays et l’absence de cohésion nationale.

Sur le plan national, il a pointé du doigt le débat constitutionnel entretenu par les dirigeants du PCT avec ou non l’accord du Président de la République lui-même, en vue d’une révision ou d’un changement de la Constitution, soulignant que source d’affrontement, ce projet pernicieux constitue de réelles menaces de la paix à deux ans de la date fatidique de l’élection présidentielle de 2016. « Respectueux des règles du jeu démocratique, l’U.PA.D.S ne se lassera pas de rappeler aux dignitaires du parti au pouvoir, l’obligation de se conformer aux dispositions de l’article 57 de la Constitution du 20 janvier 2002 qui stipulent, je cite : « Le Président est élu pour un mandat de 7 ans au suffrage universel direct. Il est rééligible une fois », et de celles de l’article 185, 3e alinéa, je cite : « la forme républicaine, le caractère laïc de l’Etat, le nombre de mandat du Président de la République ainsi que les droits énoncés aux titres I et II, ne peuvent faire l’objet de révision » (fin de citation). 

 L’U.PA.D.S s’insurge donc contre les manœuvres tendant à faire passer pour une demande populaire l’ambition de quelques dignitaires du pouvoir, de demeurer aux affaires ad vitam aeternam.  Le Congo a besoin d’enrichir son expérience démocratique par l’alternance politique, conformément aux recommandations de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance. Au terme de l’article 23, alinéa 5 de cette Charte, je cite « Tout amendement ou toute révision des Constitutions ou des instruments juridiques qui porte atteinte aux principes de l’alternance démocratique » expose les auteurs à des poursuites devant la juridiction compétente de l’Union Africaine. (Fin de citation)

L’U.PA.D.S réaffirme sa position de ni révision, ni changement de la Constitution. Toute tentative de sa révision ou de son changement s’apparentera à un coup d’Etat, comme celui de 1997. L’U.PA.D.S lance, par conséquent, un vibrant appel aux démocrates des différents bords politiques, y compris ceux du PCT,  épris d’amour pour notre propriété collective, le Congo, d’unir leurs efforts pour barrer la route à toute modification constitutionnelle injustifiée ».

S’agissant des élections locales et sénatoriales annoncées pour cette année, le Premier Secrétaire de l’U.PA.D.S  rappelle que l’organisation du recensement administratif spécial, comme modalité d’établissement des nouvelles listes électorales avant les élections locales, ne doit pas occulter les autres recommandations non moins importantes. Tout en soutenant le principe d’une application progressive de certaines d’entre elles, l’U.PA.D.S exige la mise en œuvre des recommandations du noyau dur comprenant, outre le recensement administratif spécial, le réaménagement de la CONEL, l’introduction de la biométrie et la restructuration du Comité de suivi dans ses missions et dans sa composition, et ceci avant les élections locales.

En outre, l’U.PA.D.S a déjà prévenu qu’elle se réserve le droit d’apprécier, au cas par cas, les résultats provisoires du recensement administratif, et qu’elle exigera des missions d’enquête auprès des Commissions locales où les résultats n’auront pas obtenu le consensus préalable à leur validation et à leur certification.

Enfin, la situation de l'U.PA.D.S a été exposée à la presse congolaise ainsi réunie. Pascal Tsaty-Mabiala a informé que le Bureau politique et le Conseil National ont siégé tout  à la fois  en session administrative et budgétaire pour examiner et adopter le Programme d’activités du Parti, le budget exercice 2014 et le Règlement Intérieur qui complète les Statuts amendés. Ces sessions, inaugurales, ont aussi achevé le processus de mise en place des instances du Parti au sommet avec l’élection des membres du comité d’honneur, organe consultatif.

Au terme de ces travaux, l'U.PA.D.S s'est doté  d’outils de travail précieux : d’une véritable feuille de route. Tout cela six  mois seulement après la tenue réussie de l'historique congrès unitaire extraordinaire de juin 2013, éclaircissant chaque jour l’horizon.

L’unité au sein du Parti, qui a hanté tous les esprits et qui est  à la fois vertu à partager et quête permanente dans la dynamique de construction de l’U.PA.D.S, devra s’imposer à tous comme une exigence éthique, transparaissant dans le comportement des cadres et militants. Pour qu’elle soit durable, cette exigence doit être fondée sur la discipline, encadrée par les Statuts amendés au Congrès unitaire Extraordinaire de Juin à Brazzaville, et le Règlement Intérieur adopté lors des sessions inaugurales de décembre à Dolisie.

C'est muni de ces outils que la direction politique nationale de l'U.PA.D.S entend procéder à la restructuration du Parti, pour assurer le maillage complet du pays en structures intermédiaires et de base au cours des prochains mois.

Et le Premier Secrétaire a terminé son intervention en anonçant que le Conseil National a prescrit aux militants l’obligation des cotisations statutaires, pour accroître la capacité d’autofinancement des activités du Parti.

Les avancées actées lors des sessions de Dolisie devant contribuer à réaliser l’objectif à moyen terme, celui du retour du parti aux  affaires en 2016, pour combler les attentes des Congolais du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, choqués, excédés, frustrés et humiliés par la mauvaise gouvernance économique et politique, écrasés par la souffrance sociale nonobstant l’embellie financière que connait le Pays ces dernières décennies.

 

Jean-Claude KINGA, LES PALMIERS, Brazzaville.